Position ferme à Rome : il ne s’agit pas de politique — mais de respect
Le ministre des Sports d'Italie, Andrea Abodi, a vivement critiqué la décision du Comité international paralympique (CIP) d'autoriser les symboles russes et biélorusses aux Jeux paralympiques d'hiver en Italie. Abodi a rappelé un fait clé : l'invasion à grande échelle de la Russie a commencé entre les Jeux olympiques et les Paralympiques de Pékin 2022 — cela a en pratique violé le principe de la trêve olympique, que les États respectent pendant les Jeux.
"La décision de rétablir le drapeau, l'hymne et la tenue du pays agresseur et de son allié suscite indignation et inquiétude"
— Andrea Abodi, ministre des Sports d'Italie
Abodi a souligné qu'en novembre 2025 l'Assemblée générale de l'ONU avait soutenu une résolution liée à la violation de la trêve — elle a été approuvée par 165 pays sur 193. Selon lui, il ne s'agit pas de politique au sens de jeux partisans, mais d'un respect élémentaire envers les victimes et des normes internationales.
Réaction de l'Ukraine et mécanisme diplomatique
Le ministre des Affaires étrangères de l'Ukraine, Andriy Sybiha, a confirmé la position : il a appelé à s'abstenir de participer à la cérémonie d'ouverture si la décision du CIP n'était pas réexaminée. Sybiha a remercié Abodi pour sa « voix de la raison », et a également indiqué que des responsables de huit États et des représentants de l'UE avaient déjà rejoint le boycott — une liste qui, selon lui, tend à s'allonger.
"Je réitère l'appel de l'Ukraine aux responsables de tous les pays à s'abstenir de participer à la cérémonie d'ouverture..."
— Andriy Sybiha, ministre des Affaires étrangères de l'Ukraine
La raison de cette réaction vive est simple : la décision du CIP en septembre 2025 de rétablir les symboles nationaux de la Russie et de la Biélorussie est intervenue en réalité quelques heures avant la réélection du président de l'organisation (Andrew Parsons), ce qui a suscité des doutes quant à la transparence de la procédure et aux motifs politiques. Pour l'Ukraine et ses partenaires, il ne s'agit pas seulement d'un problème de symboles, mais d'un précédent et de la confiance envers les institutions sportives internationales.
Contexte des incidents lors des Jeux de cette année
La chronologie des événements rend la situation encore plus tendue : lors de la cérémonie des Jeux, la plaquette de l'équipe d'Ukraine a été portée par une ressortissante russe vivant en Italie et opposée à la guerre — cela a entraîné une demande d'enquête du ministère ukrainien des Affaires étrangères. Par ailleurs, un skeletonien ukrainien a été disqualifié pour avoir voulu concourir avec un « casque commémoratif » portant des images d'athlètes tués — le CIO a estimé qu'il s'agissait d'une violation de la Charte olympique.
- La question des symboles et du distancement par rapport à l'agresseur affecte déjà la perception des Jeux et les décisions internationales.
- Pour de nombreux pays, c'est un test : les instances sportives peuvent-elles concilier la protection des droits des athlètes et une position ferme concernant le droit international ?
Et après — perspectives
L'effet diplomatique se fait déjà sentir : les voix des responsables et des partenaires poussent à transformer les déclarations en mesures concrètes — depuis des boycotts de cérémonies jusqu'à des demandes de révision de la décision du CIP. La communauté internationale est confrontée à un choix : permettre la normalisation des symboles du pays agresseur sans conséquences, ou maintenir une limite qui protège à la fois les athlètes et les normes morales du sport mondial.
Les dirigeants des fédérations sportives et des États partenaires auront-ils la volonté politique nécessaire pour défendre ces standards — une question dont dépend non seulement l'image des Jeux, mais aussi la confiance envers les institutions mondiales à l'avenir.