Katz a énoncé les objectifs en Iran — tandis que Washington négocie avec Téhéran

Le ministre de la Défense israélien a déclaré publiquement sa préparation à de nouvelles frappes et énuméré les objectifs à attaquer. Le problème est que les États-Unis négocient simultanément avec l'Iran sur un accord nucléaire.

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Ісраель Кац (Фото: Facebook-сторінка Ісраеля Каца)

Le 23 avril, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a tenu une réunion avec le chef d'état-major général de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, et d'autres officiers supérieurs. Par la suite, il a fait une déclaration qui, dans des circonstances normales, aurait constitué un scandale diplomatique.

« Nous attendons le feu vert des États-Unis, principalement pour achever l'élimination de la dynastie Khamenei et ramener l'Iran au sombre âge de pierre en détruisant les principaux objectifs énergétiques ».

— Israël Katz, ministre israélien de la Défense, Times of Israel

Selon Katz, les objectifs sont déjà définis, et Tsahal est prêt aussi bien pour la défense que pour l'offensive. Il a décrit le leadership iranien comme affaibli : « Ses dirigeants se cachent dans des tunnels et peuvent à peine communiquer et prendre des décisions. Son ciel est grand ouvert ».

Pourquoi le « feu vert » n'est pas de la rhétorique

L'originalité de la déclaration réside non pas dans son ton, mais dans son contexte. En ce moment précis, les États-Unis mènent des négociations nucléaires avec l'Iran : le premier round s'est déroulé à Oman le 12 avril, le second à Rome le 19 avril, sous la médiation des mêmes Omanais. Les négociations sont menées par l'envoyé spécial Steve Witkoff et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi.

En d'autres termes, Katz positionne publiquement Israël comme une partie qui ne bloque pas la diplomatie — mais qui garde ses armes prêtes et attend un signal du même partenaire qui est actuellement assis à la table des négociations avec l'ennemi.

Frappe sur les infrastructures : dimension juridique

La déclaration concernant la destruction des « objectifs énergétiques et électriques » a immédiatement suscité une réaction des juristes. Les frappes délibérées contre les infrastructures civiles constituent un crime de guerre selon le droit international, comme l'a relevé Dylan Williams du Center for International Policy, qualifiant les paroles de Katz de « déclaration officielle d'intention de commettre de nouveaux crimes de guerre en Iran ». Le Premier ministre Netanyahou possède déjà un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale — pour ses actions à Gaza.

Ce que signifie « cette fois, ce sera différent »

Katz a souligné que la nouvelle frappe serait « différente et plus meurtrière » par rapport aux attaques précédentes d'Israël contre l'Iran. Selon lui, l'Iran a déjà subi des « coups énormes » qui ont sapé ses fondations — et la prochaine vague est censée les achever.

En parallèle, Trump a déclaré que l'Iran avait accepté de transférer aux États-Unis ses réserves d'uranium fortement enrichi — Téhéran a démenti cela en quelques heures. Les négociations sont sous pression : la partie iranienne refuse de prolonger le cessez-le-feu si le contrôle du détroit d'Ormuz n'est pas inclus dans l'accord.

La structure qui se dessine : les États-Unis mènent les négociations — Israël maintient la pression. La déclaration publique de Katz pourrait faire partie de cette tactique. Ou elle pourrait être un signal que Jérusalem n'est plus disposée à attendre que Washington décide quel accord lui convient.

Si les négociations s'enlisent après l'expiration de la limite de 60 jours que Trump a fixée à Téhéran le 12 avril, Washington résistera-t-il à la demande israélienne du « feu vert » ?

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