Le Premier ministre Koretskyy a annoncé deux décisions clés en matière de personnel : Eugène Khmara devient ministre de la Défense par intérim, Andriy Sybiga devient ministre des Affaires étrangères par intérim. Simultanément, le gouvernement a lancé une réorganisation de la structure des deux ministères.
Le statut d'« intérim » n'est pas un détail technique. En temps de guerre, le ministre par intérim dispose des pouvoirs d'un ministre, mais sans passer par une approbation parlementaire complète. Cela signifie une rapidité des décisions — et une responsabilité moindre devant la Rada suprême au début de la mandature.
Le ministère de la Défense est dans ce contexte un point particulièrement sensible. Ce ministère dispose du budget le plus important du pays, coordonne les acquisitions d'armements et interagit avec des dizaines de partenaires internationaux. Khmara arrive au fauteuil à un moment où les scandales précédents concernant les appels d'offres pour la défense n'ont pas encore reçu de conclusion judiciaire.
Sybiga au ministère des Affaires étrangères est un choix avec un parcours diplomatique : il a été vice-ministre et a mené des négociations avec plusieurs capitales européennes. Cependant, précisément maintenant, le ministère traverse la saison diplomatique la plus complexe des années — les négociations sur les garanties de sécurité et l'adhésion à l'UE exigent une voix pleine et entière, non pas temporaire.
La réorganisation de la structure des ministères annoncée par Koretskyy n'existe pour l'instant que comme intention — les détails de la nouvelle configuration n'ont pas été rendus publics. Sans schéma concret des changements et délais, il n'est pas clair s'il s'agit d'une optimisation de la gestion ou d'une redistribution des postes d'influence.
Si la réorganisation s'achève avant l'approbation officielle des ministres par le parlement — la nouvelle composition des ministères sera formée sans scrutin public pour leur désignation.