Le 28 juin, jour de la Constitution, Zelenskyï a inauguré un buste d'Ivan Mazepa à la Laure des Grottes de Kiev — et a immédiatement annoncé un véritable monument au cœur de la capitale. « Là où Lénine est tombé, Mazepa se tiendra fermement », a déclaré le président, pointant du doigt l'angle du boulevard Taras Chevtchenko et du Khreschcatyk, où le piédestal du leader soviétique a été abattu par les participants de l'Euromaïdan en décembre 2013.
Le maire de Kiev Vitali Klitchko a réagi avec retenue : personne n'avait adressé d'appel officiel aux autorités municipales, et il a appris l'idée par les médias — comme tous les autres Kieviens.
Ce qui se trouvait à cet endroit avant Zelenskyï
La question du sort du piédestal vide traîne depuis plus de dix ans. En avril 2026, le conseil municipal de Kiev a officiellement annoncé ses plans pour créer là un espace public moderne — avec une fontaine. Klitchko avait auparavant qualifié la fontaine de « solution la plus neutre », expliquant que pour tout nouveau monument « chaque sculpteur veut installer quelque chose » et que des conflits surgiraient. Ce lieu, selon ses dires, possède une « très mauvaise énergie ».
« Il devrait y avoir Mazepa au centre de Kiev, et non une banale fontaine de Klitchko ».
Timour Tkatchenko, chef de l'administration militaire municipale de Kiev, Telegram, 28 juin 2026
Tkatchenko — une figure nommée par la Bankovaya et parallèle à la mairie — a directement soutenu Zelenskyï et critiqué publiquement le plan précédent. « Au lieu d'une figure symbolisant la lutte pour la souveraineté ukrainienne, Klitchko et la mairie proposaient aux Kieviens une simple fontaine de plus », a-t-il écrit. Il est remarquable que Tkatchenko ait insisté sur le fait que dès le départ, il « ni publiquement, ni officiellement » n'avait soutenu l'idée de fontaine.
Pourquoi maintenant et à qui cela profite-t-il
L'annonce a été faite en un jour symbolique et dans un contexte symbolique — juste après l'inauguration du buste à la Laure, que la Russie a bombardée le 15 juin 2026. Le message est transparent : la déoccupation de l'espace public des symboles soviétiques est la continuation du récit de guerre.
- Pour Zelenskyï — c'est la prise de contrôle de l'initiative sur un objet symbolique spécifique où la mairie avait déjà un plan prêt. La décision a été annoncée sans coordination avec la KMDA — et ce n'est pas de l'oubli.
- Pour Tkatchenko — une occasion de se distancier publiquement de Klitchko et de positionner la KMVA comme une structure plus « consciemment nationale ».
- Pour Klitchko — une situation inconfortable : son initiative de fontaine a été effectivement rejetée d'en haut, sans préavis. La réponse « personne n'a demandé » est à la fois un constat de fait et une légère critique.
En arrière-plan reste la question pratique : qui commande le croquis, qui finance, quel concours y aura-t-il et en aura-t-il un. Aucun de ces mécanismes n'a été inclus dans la déclaration présidentielle.
Si la Bankovaya veut vraiment Mazepa sur le boulevard Chevtchenko — le prochain test sera de savoir si une demande officielle sera adressée à la KMDA et si le maire acceptera de démanteler son propre projet de reconstruction, approuvé au printemps.