Mádyar accuse Szijjártó de destruction de documents : que se passe-t-il au ministère des Affaires étrangères hongrois

Le leader de l'opposition hongroise Péter Magyar a déclaré que le ministre des Affaires étrangères Péter Szijjártó détruisait des documents. Cette accusation coïncide avec l'absence prolongée du ministre lors de manifestations publiques.

190
Partager :
Петер Сійярто (фото: Facebook-сторінка Сійрято)

Péter Magyar, chef du parti d'opposition hongrois Tisza, a divulgué lors d'une conférence de presse ce qu'il a qualifié d'« information confidentielle » en provenance du ministère hongrois des Affaires étrangères : le chef du ministère, Péter Szijjártó, détruirait apparemment des documents de service.

Magyar n'a pas révélé la source de l'information, mais a affirmé l'avoir reçue de personnes travaillant au sein du ministère. Selon lui, il s'agirait d'une destruction délibérée de documents, et non d'un archivage de routine.

Pourquoi cette coïncidence n'est pas du hasard

La déclaration intervient dans un contexte marqué par l'absence notable de Szijjártó dans les événements publics. Les médias hongrois ont noté que le ministre n'avait pas comparu devant la presse pendant plusieurs jours et avait manqué une série de réunions officielles, sans explication officielle de la part du gouvernement.

Le cabinet du Premier ministre Orbán et le ministère des Affaires étrangères n'ont pas réagi aux accusations de Magyar au moment de la publication.

Contexte : qui est Magyar et pourquoi c'est important

Péter Magyar est l'ex-mari de l'ancienne ministre de la Justice Judit Varga. Il s'est lancé en politique au début de 2024 suite à un scandale retentissant impliquant la grâce d'un pédophile condamné lié à l'entourage d'Orbán. Son parti Tisza a obtenu environ 30% des voix aux élections européennes de juin 2024, meilleur résultat de l'opposition hongroise ces dernières années.

Szijjártó, quant à lui, est l'un des principaux architectes de la politique hongroise de rapprochement avec Moscou et Pékin. C'est lui qui a négocié la prolongation des contrats avec Gazprom et qui représentait Budapest lors de réunions que Bruxelles considère comme problématiques sur le plan de la discipline des sanctions.

Ce que cela pourrait signifier

Si les accusations sont fondées, il ne s'agit pas d'une simple querelle entre deux politiciens — il s'agirait de la destruction potentielle de preuves d'activités pouvant contrevenir à la fois à la législation hongroise et aux obligations du pays envers l'UE et l'OTAN.

La destruction de documents dans une institution d'État constitue une infraction distincte dans la plupart des systèmes juridiques. Mais en Hongrie, où le parquet est soumis au procureur général Péter Polt, fidèle à Orbán, la question d'une véritable enquête reste ouverte.

Magyar a déjà annoncé qu'il remettrait les documents disponibles à des juristes indépendants. Si les preuves documentaires existent réellement et deviennent publiques, cela transformerait la nature des accusations, les faisant passer du plan politique au plan juridique. Si ce n'est pas le cas, il s'agirait simplement d'une manœuvre électorale à la veille des élections municipales hongroises.

La question n'est pas de savoir s'il faut faire confiance à Magyar. La question est de savoir si des documents concrets apparaîtront — ou si leur absence deviendra en elle-même une preuve.

Actualités mondiales