Trump a écrit sur TruthSocial que l'accord avec l'Iran était « essentiellement convenu » et serait annoncé dans les prochaines heures. Selon un responsable américain qui a présenté à Axios le projet de document, les parties sont prêtes à signer une page contenant 14 points — un mémorandum d'entente (MOU) d'une durée de 60 jours.
Contenu du document
Selon le rapport d'Axios, pendant la trêve de 60 jours, le détroit d'Ormuz s'ouvre sans aucun droit de douane, l'Iran s'engage à déminer le détroit, et les États-Unis lèvent le blocus maritime des ports iraniens et délivrent des exemptions de sanctions pour la vente de pétrole. Le principe que la partie américaine définit comme clé est « l'allègement en échange d'actions » : plus l'Iran démine rapidement le détroit, plus vite le blocus est levé.
Selon Times of Israel, le MOU contient également une clause sur la cessation de la guerre « dans toute la région, y compris au Liban » — ceci représente une expansion substantielle par rapport à la trêve d'avril, qui ne couvrait pas le Liban.
En parallèle, Axios rapporte que le document lance au moins une piste de négociation de 30 jours sur trois questions : l'ouverture permanente du détroit, la limitation du programme nucléaire iranien et la levée des sanctions américaines. Les négociations pourraient se dérouler à Islamabad ou à Genève.
La question nucléaire : un moratoire sans garanties
Le nœud le plus sensible concerne l'uranium enrichi. Selon Steve Witkoff, envoyé spécial de Trump, l'Iran se trouve à environ une semaine de l'accumulation de matière de niveau industriel pour les armes nucléaires. Téhéran n'a toujours pas livré plus de 408 kg d'uranium hautement enrichi.
« Ils sont probablement à une semaine d'obtenir du matériel de niveau industriel pour la fabrication d'armes. C'est vraiment dangereux ».
Steve Witkoff, Fox News
Washington cherche un moratoire sur l'enrichissement d'une durée d'au moins 12 ans avec le droit de reprendre l'enrichissement à un niveau de 3,67% après la conclusion de l'accord — à condition que l'Iran renonce aux armes nucléaires et accepte les inspections surprises des inspecteurs de l'ONU. Selon Times of Israel, le MOU prévoit l'exportation des stocks d'uranium hautement enrichi hors d'Iran, mais le mécanisme spécifique de vérification et les délais ne sont pas fixés dans le projet de document actuel.
Réaction des parties : divergences dans les définitions
Le ministère iranien des Affaires étrangères a qualifié le document d'« accord-cadre » pour de futures négociations — non pas d'accord final. Le porte-parole Ismail Baghaei a précisé que Téhéran insiste pour inclure les « questions essentielles nécessaires pour terminer la guerre imposée ». Cette formulation est substantiellement plus large que celle figurant dans la version américaine du projet.
La secrétaire d'État Marco Rubio a réaffirmé la position inébranlable des États-Unis : l'Iran n'aura jamais d'armes nucléaires, doit livrer l'uranium hautement enrichi et garantir la liberté de navigation. Les acteurs régionaux — l'Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, le Qatar, la Turquie, l'Égypte, la Jordanie et le Pakistan — ont exhorté lors d'un appel avec Trump à accepter le cadre proposé, mais, selon une source de CNN familiarisée avec le contenu de l'appel, les acteurs régionaux eux-mêmes sont divisés dans leur évaluation de la pertinence d'une prolongation de 60 jours.
Le MOU a été préparé conjointement par Witkoff et Jared Kushner en collaboration avec les négociateurs iraniens — à la fois directement et par l'intermédiaire de médiateurs pakistanais et qatariens.
- Ce que le MOU fixe : une trêve de 60 jours, une ouverture progressive du détroit d'Ormuz, un allègement partiel des sanctions, le lancement de négociations
- Ce qui reste en dehors du MOU : les délais d'exportation de l'uranium hautement enrichi, le mécanisme de vérification nucléaire, le statut du Liban en détail
- Ce qui pourrait annuler l'accord : si les négociations après la signature s'enlisent — les États-Unis conservent le droit de reprendre le blocus ou les actions armées
Le MOU n'est pas un traité de paix ni un accord nucléaire. C'est un tampon de 60 jours qui donne aux deux parties du temps pour ne pas se battre. La question est de savoir s'il deviendra le fondement d'accords réels, ou — comme en avril — une autre pause avant la prochaine escalade : si l'Iran n'exporte pas l'uranium hautement enrichi avant l'expiration du délai, Trump annoncera déjà l'échec des négociations ou prolongera à nouveau la trêve.