Ce qui s'est passé
Dans la nuit du 15 février, des détectives du НАБУ ont arrêté l'ancien ministre de l'énergie Герман Галущенко lors d'une tentative de franchissement de la frontière d'État, a rapporté «Українська правда» en citant des sources, information ensuite confirmée par le НАБУ lui‑même.
«Des premières mesures d'enquête sont en cours, menées conformément aux exigences de la législation et à l'autorisation du tribunal. Détails à suivre»
— НАБУ, service de presse
Selon une source de l'УП, il a été «descendu du train». Le nom du protagoniste n'a pas été rendu public dans un premier temps, mais les communiqués officiels ont ensuite confirmé qu'il s'agissait de l'ancien chef du ministère de l'Énergie.
«Une telle pratique est appliquée lorsqu'une personne figure dans des affaires pénales»
— Un interlocuteur d'«Українська правда» dans les milieux politiques
Contexte : l'opération «Мідас» et qui est au centre
Галущенко a occupé le poste de ministre de l'Énergie d'avril 2021 à juillet 2025 ; auparavant, il dirigeait le ministère de la Justice jusqu'en novembre 2025. Il a démissionné après le dévoilement par le НАБУ et la САП d'une opération sous le nom de code «Мідас», qui, selon l'enquête, a mis au jour d'importants schémas de corruption dans le secteur de l'énergie.
La САП affirme que le dossier contient des enregistrements audio d'écoutes où les protagonistes apparaissent sous les pseudonymes «Сигізмунд» et «Професор». Certaines personnes soupçonnées, selon les enquêtes, se trouveraient à l'étranger — Israël et d'autres juridictions ont été évoqués.
Le 10 février, le directeur du НАБУ avait annoncé la préparation de demandes d'extradition pour certains protagonistes, une fois les procédures nécessaires achevées.
Pourquoi c'est important pour l'Ukraine
Premièrement, l'arrestation à la frontière montre que l'enquête entre dans une phase active : on passe de la collecte de preuves à des mesures visant à empêcher la fuite des personnes suspectées et à garantir la possibilité de porter l'affaire devant les tribunaux.
Deuxièmement, l'affaire ne concerne pas seulement des risques pénaux individuels — elle touche la confiance dans le secteur de l'énergie, qui a un impact direct sur les tarifs, les investissements et la sécurité énergétique du pays en temps de guerre et pendant la reconstruction d'après‑guerre.
Analystes et juristes soulignent que la réussite de ce type d'enquêtes est un test pour les institutions, leur indépendance et leur capacité à mener des affaires de corruption complexes jusqu'à des condamnations, sans se limiter à des déclarations retentissantes.
Ce qui va suivre
Les prochaines étapes comprennent la phase formelle de notification des accusations (si l'enquête le prévoit), les décisions judiciaires sur les mesures préventives et le travail sur l'extradition d'autres personnes soupçonnées. Parallèlement, cela peut intensifier les débats politiques sur les responsabilités dans le secteur de l'énergie et faire pression pour des réformes systémiques.
L'enquête «Мідас» a déjà influencé des décisions de personnel dans le secteur; il appartiendra désormais à l'enquête et aux tribunaux de transformer cet avertissement en un renforcement durable de l'État de droit.
Savoir si les institutions parviendront à mener l'affaire de manière transparente et sans exceptions est une question non seulement juridique mais aussi stratégique : de cela dépendra la disposition des investisseurs et des partenaires à faire confiance à la reconstruction du secteur énergétique et à l'évolution de l'Ukraine vers des standards européens de transparence.