Ce qu'a dit Zelensky
Dans un entretien accordé à l'AFP, le président Volodymyr Zelensky a réagi aux déclarations publiques de l'ancien commandant en chef des forces armées ukrainiennes, aujourd'hui ambassadeur au Royaume-Uni, Valerii Zaluzhnyi. Le chef de l'État s'est dit surpris que des commentaires critiques apparaissent en temps de guerre et a remis en question la pertinence de discuter de détails internes lorsque «il est question de notre armée».
"Probablement nous avons tous eu la même émotion : n'est‑ce pas trop tôt pour tout cela ?... Il est question de notre armée, elle combat aujourd'hui. Et lui, je pense, n'aura pas bonne allure s'il en parle et continue de le faire, etc."
— Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine (entretien AFP)
Contexte : entretien, perquisitions, sondages
Le 18 février, Associated Press a publié un entretien de Zaluzhnyi dans lequel il évoquait les perquisitions du SBU dans son ancien centre de commandement à l'automne 2022 et suggérait qu'elles auraient pu avoir un caractère d'intimidation. Le SBU, pour sa part, a déclaré que ces actions ne concernaient pas l'ex‑commandant en chef. Dans le même entretien, Zaluzhnyi a critiqué la préparation de la contre‑offensive de 2023, pointant un manque de ressources.
Actuellement, les sondages enregistrent des niveaux élevés de reconnaissance de Zaluzhnyi en tant que concurrent politique potentiel — une question que les journalistes ont posée au Président lors de l'entretien. Zelensky estime qu'il est plus important de se concentrer sur la guerre que sur des ambitions personnelles.
Pourquoi c'est important
Confiance dans l'armée. Les disputes publiques entre l'ancien commandement et le bureau du président peuvent affaiblir la perception d'unité face à l'ennemi extérieur et à l'intérieur du pays. Lorsqu'il s'agit d'unités de combat et de logistique, la discussion publique sur des procédures internes peut distraire ou susciter des doutes inutiles.
Contexte politique. Les questions sur une éventuelle participation de Zaluzhnyi aux élections déplacent la discussion du domaine militaire vers le politique. Cela crée le risque de transformer une autorité militaire en symbole politique, ce qui complique toujours les relations civilo‑militaires.
Précédent. Dans l'espace public, il y a déjà eu un cas où des propos critiques d'un diplomate ont entraîné des conséquences en matière de personnel — en 2023, selon des médias, un précédent ambassadeur au Royaume‑Uni aurait perdu son poste huit jours après des critiques à l'encontre du président. Un tel contexte rend la situation plus sensible pour les deux parties.
Ce que cela signifie pour le lecteur et quels risques futurs
Pour le citoyen ordinaire, il s'agit d'une question de sécurité et de clarté : avons‑nous une direction militaire consolidée qui œuvre pour des résultats ? Pour les partenaires internationaux, c'est un signal sur la stabilité interne et la capacité à gérer les processus en temps de guerre.
Prévision
Il est peu probable qu'un seul épisode change l'équilibre des forces à lui seul, mais une série de disputes publiques peut se transformer en un récit politique plus vaste. La balle est désormais dans le camp des parties prenantes : le conflit se traduira‑t‑il par un éclaircissement interne des processus et une meilleure communication, ou s'enkystera‑t‑il en affrontements permanents — de cela dépendront tant la confiance intérieure que la perception de l'Ukraine à l'étranger.
Sources : entretien AFP, articles d'Associated Press, commentaires de LIGA.net, déclarations officielles du SBU.