Le Premier ministre de la Moldavie Alexandru Muntean a annoncé sa démission après huit mois à la tête du gouvernement. L'annonce s'est faite sans signaux préalables — la veille encore, aucun média moldave n'avait rapporté une crise politique interne susceptible de provoquer un tel geste.
Muntean a pris la tête du cabinet ministériel en plein cycle électoral, lorsque le parti au pouvoir Action et solidarité de Maia Sandu avait besoin d'un premier ministre technique ayant la réputation d'un réformateur. Huit mois — une période au cours de laquelle le gouvernement n'a réussi ni à mener à terme aucune des réformes structurelles, ni à les échouer publiquement.
Aucune explication officielle des raisons de la démission n'a été communiquée au moment de la publication. C'est en soi un problème : dans un pays qui aspire à l'adhésion à l'UE et où chaque changement institutionnel est examiné à la loupe par Bruxelles, une rotation opaque au niveau du premier ministre n'est pas un détail technique, mais un signal sur l'état du système.
La Moldavie se trouve actuellement dans deux processus parallèles : les négociations sur l'intégration européenne exigent la stabilité du pouvoir exécutif, tandis que la politique intérieure démontre le contraire. La démission sans rapport public sur le travail accompli laisse ouvert la question de la responsabilité — qui est responsable et envers qui pour les décisions prises au cours de ces huit mois.
Si le prochain premier ministre est également nommé sans large débat public sur le candidat, ce sera un indicateur que le pouvoir exécutif moldave reste un projet personnel du bureau présidentiel, et non une institution indépendante — et c'est précisément cette question que Bruxelles posera lors du prochain cycle de négociations d'adhésion.