Dimanche, 25 mai, le président américain Donald Trump a écrit sur son réseau social Truth Social que les négociations avec l'Iran se déroulaient « de manière ordonnée et constructive » — mais a simultanément informé ses représentants de ne pas se précipiter sur l'accord. « Le temps joue en notre faveur », a-t-il écrit, tempérant les attentes quant à une annonce rapide d'un accord.
Ce qui est sur la table des négociations
Selon Axios, l'accord a été élaboré dans le but de terminer la guerre, d'ouvrir progressivement le détroit d'Ormuz et de lancer au moins 30 jours de négociations plus détaillées sur le programme nucléaire iranien. La veille, samedi, Trump a déclaré que l'accord était « essentiellement convenu » et a confirmé qu'il prévoyait la reprise de la navigation dans le détroit.
Cependant, entre « convenu » et « signé » — il y a un gouffre. L'agence semi-officielle iranienne Fars News a déclaré que « même en cas d'accord possible, le détroit d'Ormuz resterait sous contrôle iranien ». Autrement dit, Téhéran est prêt à ouvrir le détroit, mais n'est pas prêt à renoncer à sa souveraineté sur celui-ci — et ce sont deux choses fondamentalement différentes.
La pression des deux côtés
Trump se trouve entre deux groupes de sceptiques. Plusieurs républicains faucons de premier plan, notamment Lindsey Graham et Ted Cruz, ont émis des avertissements : tout accord qui laisse l'Iran exercer une influence sur le détroit, accéder à des fonds gelés ou posséder des capacités nucléaires sera un échec.
Netanyahou est également extrêmement sceptique quant à l'accord en discussion et appelle Trump à choisir une option de nouvelles frappes contre l'Iran.
« Ce n'est même pas complètement convenu. Donc n'écoutez pas les perdants qui critiquent ce qu'ils ne comprennent pas ».
— Donald Trump, Truth Social
La question nucléaire — en suspens
Le détail le plus crucial : le programme nucléaire iranien dans l'accord potentiel n'est pas résolu, mais reporté. Le document ne lance qu'un tour de négociations séparé sur le dossier nucléaire — d'au moins 30 jours. De plus, le chef de l'AIEA Rafael Grossi a déclaré que tout accord sans dispositions sur les inspections des installations nucléaires serait une « illusion d'accord » — et l'AIEA n'a toujours pas accès aux installations iraniennes après les frappes israélo-américaines en juin 2025.
- Détroit d'Ormuz : ouverture progressive — mais la souveraineté iranienne est en question
- Actifs gelés : dégel partiel dans le cadre d'un accord-cadre
- Programme nucléaire : seulement une promesse de négociations, pas un engagement
- Inspections de l'AIEA : absentes du projet actuel
La phrase « le temps joue en notre faveur » se lit de deux manières simultanément : comme une pause tactique pour faire pression sur Téhéran — et comme une retraite sous la pression de son propre parti. Si au cours des 30 jours de négociations séparées, la question nucléaire reste une fois de plus en suspens, l'accord sur l'ouverture du détroit deviendra l'objectif final plutôt que le point de départ.