Un mémorandum entre les États-Unis et l'Iran a été signé électroniquement — Trump, Vance et le président du parlement iranien Galibaf ont apposé leurs signatures dimanche. Le document arrête les hostilités pendant 60 jours et ouvre le détroit d'Ormuz pendant 30 jours. Cependant, la question qui a motivé cette guerre — le programme nucléaire iranien — reste en dehors des négociations : toutes les questions concernant l'uranium enrichi, les limites d'enrichissement et les mécanismes de vérification sont renvoyées à des négociations séparées, qui doivent commencer dans ces mêmes 60 jours.
Trois jours avant la signature, le directeur de la CIA John Ratcliffe a mené une série de séances d'information confidentielles pour Trump et ses conseillers principaux. La conclusion du renseignement, selon trois sources d'Axios : la façon dont les responsables iraniens discutent de l'accord entre eux contredit ce qu'ils communiquent aux médiateurs et à la partie américaine.
« Le renseignement reflète que les intentions de l'Iran ne correspondent pas à leurs engagements »
— source d'Axios au courant des séances d'information de Ratcliffe
Le scepticisme au sein de l'administration s'est avéré plus large qu'un seul directeur de la CIA. Le secrétaire d'État Marco Rubio et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth ont également exprimé des doutes concernant le MOU lors de réunions internes. En même temps, Vance, les envoyés spéciaux Steve Witkoff et Jared Kushner — l'équipe qui a mené les négociations à Islamabad en avril — ont insisté pour avancer l'accord.
Ce qui a été signé et ce qui manque
Vance a déclaré publiquement que l'Iran a accepté de ne jamais créer et acquérir d'armes nucléaires — sans limites de temps, contrairement à l'ACCJ, qui établissait des horizons de 10 à 15 ans. Ceci est présenté comme un progrès qualitatif. Mais un engagement sans mécanisme d'inspection nommé est un document structurellement différent d'un engagement avec un tel mécanisme.
Au moment de la signature, l'Iran conserve 440,9 kg d'uranium enrichi à 60% — à une étape technique de la teneur en armes. Selon l'AIEA, cela suffit pour produire jusqu'à dix têtes nucléaires. Le MOU n'oblige pas Téhéran à déplacer ou détruire cet approvisionnement jusqu'à la fin des négociations de 60 jours.
Après les frappes américaines sur Fordo, Natanz et Ispahan en juin, l'AIEA a confirmé des dommages substantiels — mais a également constaté qu'elle ne peut pas vérifier si l'Iran a suspendu tout enrichissement d'uranium. L'accès des inspecteurs à plusieurs sites reste limité.
La logique de Trump et la logique du renseignement
Trump parie sur le fait que la pression économique et les frappes militaires ont brisé la résistance iranienne et forceront Téhéran à faire des concessions réelles. Ratcliffe et Rubio pointent vers le contraire : chaque nouvelle frappe, selon les données des communications interceptées, renforce la consolidation interne du régime plutôt que sa volonté de compromis. Les responsables iraniens, dans des conversations privées, ont discuté de la raison pour laquelle les frappes aériennes américaines se sont avérées « moins destructrices que prévu » — ce qui en soi témoigne d'un calcul différent de celui qui est communiqué à l'extérieur.
C'est dans cette divergence que repose l'enjeu réel des 60 prochains jours : non pas « y aura-t-il un accord », mais s'il contient ce que la CIA considère comme absent — un mécanisme vérifiable et exécutoire de force concernant le matériel nucléaire.
Si au cours des deux prochains mois les négociations ne se heurtent pas à la question du sort des 440 kg d'uranium enrichi — le MOU deviendra un autre document qui a arrêté les tirs, mais n'a rien résolu de substantiel. S'ils s'y heurtent — la position publique de Téhéran et ses calculs internes se retrouveront pour la première fois dans un seul protocole.