Samedi 25 avril, le secteur de Gaza a connu ses premières élections municipales depuis 2006. Une seule ville a participé — Deir el-Balah, dans la partie centrale de l'enclave. Une seule raison à ce choix : elle est moins détruite que le reste.
Mais « moins détruite » ne signifie pas intacte. En décembre 2024, les forces israéliennes ont lancé une frappe aérienne sur le bâtiment de l'hôtel de ville de Deir el-Balah, tuant le maire Diab al-Jarau et 10 employés en service. La frappe a eu lieu bien que la ville ait le statut de « zone de sécurité » définie par Israël lui-même.
Désormais, de nouveaux candidats se présentent pour remplacer cette municipalité. Le scrutin s'est déroulé dans 12 centres de vote : des stades, des centres d'activités pour femmes, d'anciennes cliniques. Certains bureaux de vote ont été installés sous des tentes — les écoles étant occupées par les personnes déplacées.
Quatre listes sans drapeaux des partis
Il n'y a pas de partis formels aux élections. Les candidats se sont regroupés principalement selon des critères tribaux ou professionnels. Quatre listes sont en compétition : « Paix et reconstruction », « Deir el-Balah nous unit », « L'avenir de Deir el-Balah » et « La renaissance de Deir el-Balah ».
Le HAMAS boycotte officiellement les élections, invoquant des différends avec l'Autorité palestinienne — notamment la condition selon laquelle les candidats doivent accepter un cadre incluant la reconnaissance d'Israël. Cependant, les observateurs notent : certaines listes sont associées à des personnes sympathisant avec le HAMAS, bien que le mouvement n'ait soutenu aucune liste officiellement.
« Le citoyen recherche aujourd'hui non pas des slogans, mais des solutions réelles »
— Rabha al-Bhaïsi, habitante de Deir el-Balah, Al Jazeera
Ce qui se cache derrière une seule ville
Certains analystes palestiniens estiment que l'Autorité palestinienne utilise ces élections pour rétablir sa présence à Gaza, contrer le HAMAS et envoyer un signal à la communauté internationale — Gaza reste liée politiquement à la Cisjordanie dans le cadre d'une structure palestinienne unique.
Les Palestiniens eux-mêmes perçoivent le scrutin comme un symbole d'unité nationale face aux propositions américaines concernant Gaza, que beaucoup considèrent comme visant à approfondir la rupture entre Gaza et la Cisjordanie.
- Environ 70 000 électeurs avaient le droit de vote — des résidents adultes et enregistrés de la ville.
- Les personnes déplacées qui séjournent temporairement dans la ville n'ont pas été autorisées à voter — seuls les résidents inscrits d'origine pouvaient participer.
- Des centaines d'observateurs accrédités d'organisations locales et internationales, des dizaines de journalistes et environ 675 membres des commissions électorales supervisaient le scrutin.
Les organisateurs affirment que les élections doivent non seulement rétablir l'autonomie locale, mais aussi contribuer à l'obtention de financements internationaux et prouver que les institutions démocratiques sont possibles même en temps de guerre.
Si le scrutin à Deir el-Balah est considéré comme un succès, la Commission électorale centrale prévoit d'étendre ce format à d'autres villes de Gaza. Mais la vraie question est différente : la municipalité élue aura-t-elle quelque chose à reconstruire — et ne connaîtra-t-elle pas le sort de la précédente, détruite dans la « zone de sécurité ».