En un an — 16% du Donetsk. Kostenko explique pourquoi Poutine veut le Donbas aux négociations s'il ne peut pas le prendre au front

Le secrétaire du Comité de défense de la Rada suprême Roman Kostenko : céder le Donbass n'est pas un compromis régional, mais un signal mondial que les frontières peuvent être réécrites par la force. L'argument s'appuie sur un chiffre que Moscou préfère ne pas afficher.

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Українські військові на Донбасі (Фото: EPA)

Au printemps 2025, la pression négociatrice sur Kyiv s'est intensifiée : selon le Financial Times, les Américains discutaient de scénarios de « gel » de la ligne de front. C'est dans ce contexte que s'inscrit la position de Roman Kostenko — colonel du SBU, vétéran et secrétaire du Comité parlementaire pour la sécurité nationale, la défense et le renseignement.

Le chiffre que le Kremlin cache

Selon Kostenko dans une interview pour LB.ua, si on additionne tous les territoires capturés par la Russie au cours de 2025 sur toute la ligne de front — de la région de Kharkiv à celle de Zaporizhzhia — et qu'on les superpose sur une carte de la région de Donetsk, cela représenterait environ 16% de sa superficie. À ce rythme, il faudrait plus de deux ans pour ne conquérir qu'une seule région. Ce n'est pas une victoire — c'est une impasse stratégique que Moscou tente de résoudre autour de la table des négociations.

« Aucun accord ne peut signifier une capitulation ou des concessions territoriales — cela crée un précédent dangereux et détruit les principes de la sécurité internationale ».

Roman Kostenko, LB.ua

Le Donbass — pas une exception à la règle, mais la règle elle-même

Kostenko souligne la logique juridique souvent contournée dans le débat public : le territoire de Donetsk n'est stratégiquement en rien différent des régions de Kyiv, Lviv ou Vinnytsia. Ce n'est pas une exagération rhétorique — c'est une référence directe au principe d'intégrité territoriale consacré dans la Charte des Nations unies et l'Acte final d'Helsinki.

Un argument similaire a été formulé en octobre 2025 par des chercheurs de la LSE : tout règlement médié par les Américains qui obligerait Kyiv à céder des terres créerait un précédent géopolitique — les frontières peuvent être modifiées par la force. Après cela, la question du corridor de Suwalki ou de la mer Baltique cesse d'être hypothétique pour devenir un précédent.

Pourquoi Poutine a mis le Donbass sur la table des négociations

Dans une interview à la 24ème chaîne, Kostenko a expliqué le mécanisme : la Russie n'atteint pas ses objectifs sur le front et tente de dissimuler ses revers stratégiques en les présentant comme des succès tactiques. L'objectif initial — la destruction de l'État ukrainien — s'est publiquement réduit à la « protection du Donbass ». Ce n'est pas un changement d'ambitions, mais un changement de rhétorique sous la pression des pertes.

  • En 2025, la Russie a perdu des centaines de milliers de militaires — et n'a progressé que de 16% d'une seule région.
  • Négocier depuis une position de faiblesse, selon Kostenko, signifie que les concessions se transformeront en appétit, non pas en paix.
  • L'objectif de Moscou reste inchangé : couper l'Ukraine de la mer Noire et détruire l'identité ukrainienne en tant que telle.

Où se situe la limite de l'argument

La position de Kostenko est cohérente en elle-même, mais elle a une limite pratique : elle ne répond pas à la question du coût de la défense. La crise de la mobilisation, le manque de personnel dans les unités de combat et le problème de la désertion — des questions que le député lui-même soulève dans la même interview — créent un contexte dans lequel « ne pas céder » et « avoir les moyens de tenir » sont deux choses différentes.

Si l'Occident commence réellement à faire pression sur Kyiv en direction d'un « gel » du conflit, ce qui sera décisif ne sera pas la logique juridique du précédent, mais plutôt le fait de savoir si les partenaires proposeront à l'Ukraine des garanties de sécurité avec un véritable mécanisme de mise en œuvre — et non pas simplement des signatures sur un énième mémorandum.

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