Zelenski a annoncé une "fenêtre" pour la diplomatie avant l'hiver. Mais qu'exactement sera mis en œuvre ?

Le président affirme que la Russie serait prête à des négociations, et Kyïv souhaite parvenir à un accord sur la désescalade avant l'arrivée du froid. La déclaration n'a pour l'instant ni signature ni mécanisme de vérification.

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Des millions d'Ukrainiens se préparent pour la troisième fois à l'hiver, quand une roquette ou un « Shahéd » peut couper l'électricité pendant plusieurs jours. C'est dans ce contexte que le président Volodymyr Zelenski a déclaré dans une interview à Axios qu'il souhaite conclure au moins une désescalade partielle avant les froids — et qu'il existe une fenêtre précise pour cela : septembre et octobre.

Ce que Zelenski a exactement déclaré

Zelenski a affirmé qu'il avait reçu des envoyés spéciaux américains l'information selon laquelle les Russes étaient prêts à des négociations, notant que l'Ukraine souhaite utiliser septembre-octobre pour relancer le processus diplomatique. Selon ses propos, les envoyés américains se sont rendus à Moscou et à Kyïv, principalement pour « débloquer » le processus diplomatique, mais ont également apporté avec eux de nouvelles idées.

Le président n'a pas révélé les détails, mais a précisé les directions : certaines des discussions portaient sur les mesures potentielles de désescalade de la part de la Russie et de l'Ukraine avant et pendant l'hiver. La spécificité n'a été énoncée que dans une seule phrase : « Il y a des idées concernant l'énergie et le grain, concernant l'électricité et le pétrole et le gaz. Nous avons des intérêts différents, la Russie et nous ».

Cette formulation — « des intérêts différents » — est la clé pour comprendre pourquoi une déclaration de disponibilité à négocier ne signifie pas encore une disponibilité à conclure quelque chose de concret.

Deux objectifs, pas un seul accord

Zelenski a divisé la tâche en deux niveaux. Il a appelé le premier objectif la reprise des négociations, et le second la tentative de rendre l'hiver à venir différent des précédents, quand les attaques russes sur les infrastructures énergétiques de l'Ukraine ont intensifié la guerre. Il ne s'agit donc pas d'un accord de paix, mais d'une tentative de s'entendre au moins sur des mesures limitées et tactiques — peut-être selon le modèle des précédents accords partiels sur l'énergie, qui ont déjà été à plusieurs reprises violés par les deux parties pendant la guerre.

Le président lui-même formule cela avec prudence, sans promesse de résultat : « Nous avons septembre, octobre, pour trouver un moyen de parler. Sans dialogue, nous n'aurons pas de résultat. Je pense que le président Trump peut trouver un moyen de commencer véritablement le processus de négociations avant l'hiver froid ».

Le côté américain parle de progrès — mais lequel exactement

Parallèlement à l'interview de Zelenski, le représentant spécial du président américain Steve Witkoff a rapporté les résultats de ses visites à Moscou et à Kyïv. Selon ses dires, les négociateurs américains ont réalisé un « progrès substantiel », notamment concernant l'accord sur un calendrier de pourparlers trilatéraux supplémentaires.

Il s'agit exactement du calendrier des réunions — pas du contenu d'un accord futur ni d'aucunes obligations signées par les parties.

De son côté, Zelenski a proposé un lieu : la session de l'Assemblée générale de l'ONU à New York à la fin septembre comme lieu potentiel pour la poursuite des discussions.

Ce qui manque à cette déclaration pour l'instant

Malgré le langage prudent du président, la description publique du processus manque de trois éléments sans lesquels la « désescalade » reste un mot et non un mécanisme :

  • Aucune étape concrète n'a été nommée avec des dates, des volumes ou des objets — seulement les directions « énergie », « grain », « pétrole et gaz ».
  • Il n'y a pas de mécanisme de vérification mentionné — qui et comment fixera les violations si les parties s'accordent, par exemple, à ne pas frapper les réseaux électriques.
  • Il n'y a pas de confirmation du côté russe dans ses propres paroles — toutes les informations sur la « disponibilité » proviennent de médiateurs américains.

Cela ne signifie pas que le processus est fictif. Mais cela signifie qu'entre la déclaration « prêts à parler » et l'engagement « nous ne frapperons pas les sous-stations en décembre » — il y a une grande distance à parcourir lors des prochains tours.

Scepticisme dans un contexte d'optimisme

Tous les participants au débat ne partagent pas l'optimisme de Witkoff. Avant les dernières déclarations, les politologues ukrainiens notaient déjà que les contacts des États-Unis avec Kyïv et Moscou avaient dégelé le processus de négociations lui-même, mais aucune avancée majeure sur le fond n'avait été enregistrée jusqu'à présent. Cela s'accorde avec la prudence de Zelenski lui-même, qui parle non pas d'un accord, mais seulement d'une « façon de parler » — une formulation qui laisse ouverte la question de savoir si la Russie acceptera quelque chose de plus qu'une pause dans la rhétorique.

Ce qui testera cette déclaration

Les prochaines semaines donneront une réponse à une question simple : après la « fenêtre de septembre-octobre », y aura-t-il au moins une étape enregistrée et vérifiable — par exemple, une pause dans les frappes contre les installations énergétiques pendant une certaine période — ou la conversation restera-t-elle au niveau des formulations diplomatiques sur le « progrès » et les « nouvelles idées ». Si une réunion trilatérale est effectivement annoncée dans les prochains jours, comme l'a promis Witkoff, ce sera le premier test mesurable pour savoir si la déclaration de Zelenski en septembre avait quelque chose de plus que de l'espoir.

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