Naomi Osaka s'affiche à Wimbledon en kimono inspiré de « Kill Bill » — ce n'est pas qu'une question de style

La tenniswoman s'est présentée sur le court en kimono blanc inspiré par le personnage d'O-Ren Ishii. Ce choix était une déclaration réfléchie d'identité, bien au-delà d'une simple fantaisie de mode.

52
Partager :

Wimbledon a l'habitude d'un code vestimentaire blanc. Mais le kimono blanc de Naomi Osaka, c'est une autre histoire.

Pour son premier match du tournoi, la joueuse de tennis nippo-américaine s'est présentée dans une tenue que les fans de Quentin Tarantino ont immédiatement reconnue : la silhouette d'O-Ren Ishii dans « Kill Bill » — le personnage interprété par Lucy Liu, une tueuse nippo-américaine au code samouraï. Après sa victoire contre la joueuse française Elsa Jacquemont, Osaka a expliqué son choix directement : héritage japonais, connexion personnelle avec le personnage, décision consciente.

Ce n'est pas la première fois qu'Osaka utilise le court comme plateforme d'expression. En 2020, à l'US Open, elle s'était présentée sur les matchs avec des masques portant les noms de victimes de violences policières. Cela avait alors provoqué une controverse. Maintenant, c'est de l'enthousiasme.

La différence est significative. Osaka ne formule plus une protestation — elle construit un récit sur sa propre identité à travers la culture qui lui est proche. Le kimono s'inscrit techniquement dans le code vestimentaire blanc de Wimbledon, mais sémantiquement, il s'en écarte complètement. C'est un coup précis : respecter la règle tout en réécrivant son contenu.

Au-delà du contexte du tennis, c'est une partie d'une discussion plus large sur la façon dont les athlètes d'origine mixte — en particulier ceux qui représentent à la fois le Japon et les États-Unis — naviguent entre les cultures publiquement. Osaka est née au Japon, a grandi en Amérique, a joué pour les deux sélections nationales. La question « qui es-tu ? » l'accompagne depuis le début de sa carrière.

Le kimono ne répond pas à cette question. Mais il montre clairement qui la pose — et qui ne va plus se justifier.

Le fait que ce geste devienne un point de référence pour une nouvelle norme d'expression de soi dans le sport aux codes vestimentaires stricts dépendra de la capacité des fédérations à soutenir cette liberté, lorsque le prochain athlète descendra du court avec quelque chose de moins confortable sur le plan esthétique.

Actualités mondiales

Affaires

Le Bureau de la sécurité économique a ouvert des poursuites pénales contre cinq compagnies aériennes ukrainiennes, requalifiant les paiements de location pour aéronefs en « redevances ». Cette décision contrevient aux conventions internationales et à une pratique de trente ans, mais pourrait détruire un secteur qui, en pleine guerre, verse un record de 702 millions de hryvnias par an au budget.

il y a 13 heures