Imaginez : au lieu d'ouvrir l'application, de faire défiler les catégories et de comparer dix pizzérias, vous écrivez simplement à ChatGPT — « je veux quelque chose de pimenté, jusqu'à 300 hryvnias, livraison en 40 minutes ». Et vous recevez une sélection prête avec des photos, des prix et des évaluations. C'est exactement ainsi que fonctionne désormais Glovo pour les utilisateurs ukrainiens après l'intégration avec ChatGPT et Claude.
Ce qui change réellement
À première vue, il s'agit simplement d'un nouveau canal de commande. Mais en réalité, Glovo mise sur le fait que les gens formulent de plus en plus souvent leurs requêtes non pas dans le langage des filtres de recherche, mais dans un langage ordinaire — « un cadeau pour maman pour son anniversaire jusqu'à 500 hryvnias » au lieu de parcourir manuellement les catégories. L'assistant prend en charge les tâches répétitives : vérifie la disponibilité, sélectionne les options en fonction du budget, et le clic final avant le paiement mène toujours vers l'application ou la version web de Glovo.
C'est ici que réside la nuance pratique : l'achat lui-même se fait toujours sur le territoire de Glovo. ChatGPT et Claude — c'est la vitrine, pas la caisse. L'entreprise appelle cela le développement du Q-commerce, mais en substance, il s'agit de lutter pour l'attention de l'utilisateur avant même qu'il n'ouvre l'application de livraison habituelle.
Qui bénéficie d'une telle intégration
Pour l'acheteur, l'avantage est évident — moins de clics, moins de temps à comparer. Mais il y a un autre côté : l'assistant affiche les « options les plus pertinentes », et les critères de pertinence sont déterminés par un algorithme que l'utilisateur ne voit pas et ne contrôle pas. S'il s'agit vraiment du meilleur prix, ou simplement d'un produit qu'il est plus facile de montrer au système — c'est une question qui reste pour l'instant sans réponse.
Pour Glovo, c'est une tentative de s'intégrer dans une habitude qui s'est déjà formée : les utilisateurs se tournent de plus en plus souvent vers l'intelligence artificielle pour obtenir des conseils, plutôt que vers un moteur de recherche ou un catalogue. Si cette tendance persiste, l'étape suivante pourrait ne pas être simplement la sélection de produits par chat, mais un paiement complet sans passage par l'application — et dans ce cas, la question de la transparence de l'algorithme deviendra beaucoup plus cruciale.
Il est révélateur que la demande de livraison en général augmente pendant les coupures de courant — de 6 à 8 % en décembre par rapport à l'année précédente. Dans une situation où il est plus difficile pour les gens de cuisiner eux-mêmes, la commodité de commander par une conversation ordinaire avec l'IA pourrait devenir non pas un gadget, mais un outil quotidien. La question est seulement de savoir si l'utilisateur conservera le choix quand l'algorithme décide ce qui est « pertinent » pour lui.