Le conseil municipal de Tchernivtsi a voté la rupture des mémorandums avec les opérateurs de location de trottinettes électriques — Bolt, Vevy et Jet.ua. La décision est présentée comme une victoire contre le chaos sur les trottoirs, mais derrière la formulation des autorités se cache un détail pratique : l'interdiction elle-même n'interdit rien.
Le chef du département des communications du conseil municipal, Oleksandr Dokiïen, a déclaré directement que la rupture des mémorandums n'implique pas l'arrêt des services. Ni le conseil municipal ni les services municipaux n'ont le droit de saisir les biens privés des opérateurs ou de contrôler la façon dont l'utilisateur circule sur la trottinette louée. C'est une prérogative de la police de patrouille, et elle existait déjà avant le vote d'aujourd'hui.
Il en résulte une construction étrange : les députés ont voté à 22 voix la rupture d'un document qui ne donnait à la ville aucun droit réel, sauf un « partenariat » symbolique. Le mécanisme réel de contrainte — 14 jours pour retirer volontairement l'équipement, puis le démontage et un parking de stockage temporaire — dépend du fait que les opérateurs se soumettent d'eux-mêmes à une exigence qui ne s'appuie sur aucune loi relative à la micromobilité.
Pourquoi le mémorandum était le seul levier
Les mémorandums avec les opérateurs ont été signés à l'époque par le maire de manière unilatérale, sans décision du corps des députés — c'est précisément ce que la députée Oksana Zubzhytska a désigné comme la principale raison pour laquelle « il a fallu se battre pendant plusieurs mois ». En d'autres termes, le fondement juridique de la coopération entre la ville et Bolt, Vevy et Jet.ua était faible dès le départ : ni contrat de location d'espace, ni licence, mais un accord politique qui pouvait être rompu par un seul vote et signé à nouveau de la même manière de manière unilatérale.
Cela explique pourquoi Tchernivtsi se trouve maintenant dans une position plus mauvaise que Lviv ou Broughary. Le conseil municipal de Lviv a adopté le 30 juillet des règles concrètes : interdiction de conduire pour les adolescents de moins de 16 ans, limitation de vitesse à 15 km/h sur les sections dangereuses. C'est un acte réglementaire avec des exigences pour les opérateurs et les utilisateurs. Tchernivtsi, en revanche, a supprimé la coopération formelle, laissant les opérateurs techniquement libres de travailler sans aucune limite convenue.
Où le problème est réellement résolu
Le comité compétent de la Verkhovna Rada n'a recommandé que le 11 juin d'adopter le projet de loi n° 3023 sur le transport électrique léger — un document soutenu en première lecture il y a près de six ans. Tant qu'il ne deviendra pas une loi, chaque ville invente sa propre demi-mesure : certaines rédigent des règles locales, d'autres rompent les mémorandums qui avaient peu d'impact juridique.
Les plaintes des résidents de Tchernivtsi — contre les mineurs qui circulent sur la route ou le trottoir, contre l'absence de responsabilité en cas d'accident — ne concernent pas l'existence d'un mémorandum, mais l'absence d'un système d'enregistrement de la vitesse, de l'âge de l'utilisateur et de l'assurance. C'est exactement ce qu'une loi nationale devrait réglementer, et non une décision locale de rupture d'un accord avec une entreprise privée.
Si les opérateurs ne retirent pas volontairement les trottinettes dans les deux semaines, les députés promettent de soumettre la question du retrait forcé à la session suivante. La question est seulement de savoir sur quelle base juridique cette décision suivante sera adoptée — si la première s'est avérée être un simple geste symbolique sans pouvoirs réels.