Risquera-t-on de revivre 1998 : le banquier Onistrate sur la pauvreté, la disparition de la classe moyenne et l'argent pour les armes

L'ex-banquier et militaire Andrii Onistrat explique pourquoi l'étude de la Banque mondiale sur la pauvreté en Ukraine est plus dangereuse qu'il n'y paraît, et comment le manque de fonds de roulement chez les fabricants d'armes affecte le front.

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Le quatrième épisode du podcast « L'Argent de la guerre » sur la chaîne LIGA Business aurait pu être une autre analyse de la macroéconomie. Mais l'invité — le militaire et ancien banquier Andriy Onistrat — détourne immédiatement la conversation des chiffres abstraits vers un plan pratique : ce que signifie concrètement la disparition de la classe moyenne pour celui qui essaie actuellement de lancer une entreprise, d'obtenir un crédit ou simplement d'épargner.

Le titre de la Banque mondiale et ce qui se cache derrière

L'étude de la Banque mondiale sur le niveau de pauvreté en Ukraine a causé du bruit précisément à cause du titre. Onistrat propose de regarder plus loin : la question n'est pas le chiffre lui-même, mais la structure des pertes. La classe moyenne, c'est cette part de la société qui paie les principales taxes, emprunte et crée une demande pour les biens durables. Quand ce groupe se rétrécit, l'économie perd non seulement des revenus, mais aussi la capacité à se rétablir sans soutien extérieur.

Les bombardements des entrepôts — c'est aussi une question de banques

À première vue, les attaques contre la logistique et les entrepôts relèvent de la production et du commerce de détail. Onistrat montre un autre lien : la logistique endommagée signifie les livraisons manquées, les paiements arrêtés, les créances douteuses pour les banques qui ont financé ces chaînes. Le système bancaire ressent les conséquences des bombardements avec un délai de quelques mois — c'est précisément quand les statistiques gardent déjà le silence sur le coup spécifique.

Pourquoi les fabricants d'armes n'ont pas d'argent alors que la demande est record

La partie la plus pratique de la conversation concerne les sociétés Miltech. La demande pour leurs produits est critique, les commandes existent, mais les fonds de roulement font défaut. La raison réside dans la durée du cycle de production : l'argent du contrat arrive des mois après que l'entreprise a déjà dépensé des ressources pour les matières premières, les composants et les salaires. Le crédit bancaire ne comble pas toujours et pas pour tous cet écart.

Onistrat explique comment certaines entreprises tentent de contourner ce piège en émettant des obligations — en attirant les investisseurs privés directement, sans banque intermédiaire. Le mécanisme n'est pas nouveau pour les affaires en général, mais pour la défense en Ukraine, il ne faisait que se former, et la question de la confiance des investisseurs est ici tout aussi importante que celle de la rentabilité.

La Banque nationale entre stabilisation et libéralisation

Un bloc séparé de la conversation porte sur la politique de la Banque nationale, que Onistrat appelle un « stabilisateur de guerre », et la récente libéralisation du change. La question qui reste ouverte : la libéralisation ne devance-t-elle pas la capacité de l'économie à la supporter tant que la guerre continue et que les entreprises continuent à perdre des actifs sous les bombardements.

Si la tendance à la réduction de la classe moyenne et au manque de fonds de roulement chez les fabricants d'armes ne change pas au cours de la prochaine année, le système bancaire pourra-t-il supporter la double pression — des pertes de guerre et du retour aux anciennes règles du jeu d'avant-guerre ?

  • Les épisodes précédents du podcast « L'Argent de la guerre » avec Andriy Onistrat sont disponibles sur la chaîne LIGA Business.

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