Le 9 avril, le terminal « Sheskharis » à Novorossiysk a repris ses expéditions de pétrole brut — cinq jours après une attaque massive de drones et un incendie. Selon Reuters, un seul quai fonctionne actuellement : vendredi, un seul tanker d'une capacité de 80 000 tonnes en est parti. En mode normal, le terminal pompe environ 700 000 barils par jour.
Mais cette « reprise » n'est que la partie visible de ce qui s'est passé au port cette semaine.
Deux terminaux, deux affectés
L'attaque du 6 avril n'a pas touché seulement « Sheskharis ». À 15 kilomètres de celui-ci se trouve le terminal maritime du Consortium du pipeline de la Caspienne (CPC) — une installation distincte par laquelle le Kazakhstan transporte la majorité de son pétrole vers les marchés mondiaux. Selon OilPrice.com, l'un des points de chargement unique du CPC — SPM-2 — a subi des « dommages importants » suite à l'attaque de drones marins.
Le CPC n'est pas un actif purement russe. Parmi les actionnaires du consortium se trouvent Chevron et ExxonMobil, qui contrôlent également les plus grands champs pétrolifères kazakhs de Tengiz, Kashagan et Karachaganak, qui alimentent ce pipeline. La Russie détient 24 % du CPC — la plus grande part, mais loin d'être la seule.
« Nos opérations pétrolières dans tous les domaines sont stables, les exportations via le CPC se poursuivent normalement »
— Sungat Yesimkhanov, vice-ministre de l'Énergie du Kazakhstan, TRT World
Yesimkhanov s'est exprimé mardi — le jour après que la Russie ait annoncé les dommages à l'infrastructure du CPC. Autrement dit, Astana a réagi aux déclarations de Moscou, plutôt qu'à sa propre évaluation indépendante. Les attaques précédentes similaires contre le CPC ont réduit les exportations pétrolières kazakhes de jusqu'à 40 % et ont forcé l'arrêt de la production au champ pétrolifère de Tengiz.
La résilience comme prix de la reprise
L'attaque précédente contre « Sheskharis » au début mars a arrêté les expéditions pendant cinq jours. L'arrêt actuel dure exactement la même durée. Le schéma se répète : coup → incendie → pause → reprise partielle d'un seul quai. L'infrastructure s'avère résiliente, mais non intacte.
Les analystes du marché, selon le Pipeline Technology Journal, avertissent : pour le moment, le Kazakhstan atteint ses objectifs d'exportation prévus, mais tout dommage ultérieur au CPC laisserait les marchés mondiaux pratiquement sans amortisseur — il n'existe pas de routes alternatives avec la même capacité pour le pétrole kazakh.
- « Sheskharis » — partiellement repris, un quai sur plusieurs
- CPC SPM-2 — endommagé, le statut des chargements au moment de la publication est en cours de clarification
- L'attaque précédente contre le CPC en novembre 2024 a complètement mis hors service VPU-2
La question n'est pas de savoir si la Russie continuera à exporter du pétrole via Novorossiysk — elle se rétablit après chaque coup. La question est de savoir combien de ces cycles encore l'infrastructure du CPC pourra supporter avant que Chevron et le Kazakhstan ne soient forcés de choisir publiquement entre le silence et l'exigence de protection de leurs actifs.