Le Panama a confié la gestion de ses ports à Maersk et à MSC — du contrôle à la concurrence sur la route qui façonne le commerce mondial

La Cour suprême du Panama a suspendu la concession d'une entreprise liée à la Chine — la gestion provisoire a été confiée aux deux plus grands armateurs mondiaux. Nous analysons pourquoi cela compte pour les chaînes d'approvisionnement mondiales, la sécurité énergétique et ce à quoi il faut s'attendre désormais.

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Фото: EPA / Carlos Lemos

Que s'est-il passé

La Cour suprême du Panama a déclaré inconstitutionnel le contrat précédent avec Panama Ports Company, une filiale de la hongkongaise CK Hutchison Holdings. Le gouvernement a désigné des concessionnaires temporaires — la filiale APM Terminals (groupe Maersk) pour le port de Balboa, côté Pacifique, et la filiale Til Panamá (Mediterranean Shipping Company) pour le port de Cristóbal, côté Atlantique. La gestion sera assurée pendant jusqu'à 18 mois, le temps que le Panama prépare un appel d'offres ouvert et compétitif pour des concessions à long terme.

Arguments officiels

"Dès aujourd'hui, la gestion sera reprise par deux des plus grandes compagnies maritimes au monde, qui sont aussi des opérateurs portuaires majeurs. Le port de Balboa — la société APM Terminals, filiale du groupe Maersk ; le port de Cristóbal — la société Til Panamá, filiale de Mediterranean Shipping Company."

— José Raúl Mulino, président du Panama

"Pendant des décennies, le pays a été plongé dans l'opacité. Peu à peu, sous prétexte de gérer les deux ports, s'est constituée une zone pratiquement autonome où les organes de l'État n'exerçaient presque pas de surveillance ni de régulation appropriées."

— José Raúl Mulino, président du Panama

Pourquoi cela compte

Le canal de Panama n'est pas une infrastructure locale, mais un nœud de la logistique mondiale. Y transitent des flux clés de GNL et de trafic conteneurisé entre les États-Unis et l'Asie du Nord. Le changement de gestion des ports affecte la fiabilité des routes, la politique tarifaire et la transparence des opérations, ce qui influe directement sur la sécurité de l'approvisionnement énergétique dans la région.

En outre : dans le contexte géopolitique, il s'agit d'une question de contrôle d'infrastructures critiques. Au printemps 2025, le président des États-Unis Donald Trump avait souligné les risques liés aux infrastructures chinoises autour du canal ; aujourd'hui, le Panama cherche à reprendre le contrôle et à minimiser ces risques.

Et après — pour le Panama et pour le monde

La gestion temporaire par Maersk et MSC est un moyen rapide de rétablir le contrôle et la stabilité opérationnelle. Cependant, une solution durable exigera un appel d'offres transparent et des mécanismes de supervision. Les analystes du commerce et de la sécurité notent : si l'appel d'offres se déroule selon des normes internationales claires, cela renforcera la position du Panama en tant que hub fiable ; sinon, les risques pour les chaînes d'approvisionnement persisteront.

Leçon pour l'Ukraine

Cette affaire rappelle que le contrôle des infrastructures portuaires ne peut être considéré uniquement comme une opération commerciale. Pour l'État, c'est une question de sécurité, d'économie et de souveraineté. Pour l'Ukraine, la leçon est simple : investir dans des mécanismes de gouvernance transparents, des garanties internationales et des partenariats, afin que les axes critiques fonctionnent de manière stable dans un contexte de géopolitique exacerbée.

En résumé

Le Panama a fait un pas vers le rétablissement du contrôle étatique sur les ports du canal en confiant la gestion temporaire à Maersk et à MSC pour une durée pouvant aller jusqu'à 18 mois. Cette décision transforme le problème de légitimité en un terrain d'essai pour de nouvelles règles du jeu dans la région — depuis des concessions transparentes jusqu'au contrôle des infrastructures stratégiques. La suite dépendra de l'appel d'offres ouvert et des partenaires internationaux : le Panama parviendra-t-il à transformer une crise de confiance en une résilience durable ?

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