Pendant que les députés se querellaient sur la rue Bandéra, 6600 Polonais ont acheté eux-mêmes des autobus pour Vinnytsia

Des bénévoles polonais ont collecté plus de 500 000 zlotys en quatre jours — bien au-delà de leurs objectifs initiaux. Il s'agit d'une réponse directe au blocage du transfert officiel de transports par les députés de droite de Kielce.

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Фото: Adam Burakowski / REPORTER

En mai 2025, Vinnytsia s'est adressée à sa ville jumelée Kielce avec une demande simple : 15 autobus hors d'usage que la ville polonaise s'apprêtait à envoyer à la casse ou à démonter pour les pièces détachées auraient pu circuler dans les rues ukrainiennes au lieu de rouiller sur un parking. La mairie de Kielce a accepté. C'est là que les députés ont tout bloqué.

Comment une question humanitaire est devenue un instrument

Les autobus avaient entre 17 et 20 ans. Leur valeur marchande était d'environ 30 000 zlotys par unité, et le transport aurait dû être mis au rebut après que Kielce ait modernisé sa flotte aux frais de l'Union européenne. La mairesse de la ville, Agata Wojda, a soutenu le transfert. Mais les députés du parti « Droit et Justice » et d'autres acteurs politiques de droite ont transformé cette décision logistique en scandale public : ils exigeaient que Vinnytsia renomme la rue Stepan Bandera en signe de respect envers les victimes de la tragédie de Volhynie — sans cela, les autobus ne circuleraient pas.

Le vote sur cette condition a échoué, mais le tapage a fait son effet. Le maire de Vinnytsia, Sergiy Morgunov, a retiré la demande officielle pour qu'elle ne devienne pas, selon ses termes, « un instrument de conflits politiques ». Les autobus sont restés en Pologne.

Une réponse inattendue

La fondation « Sikorki na Ukrainie » — une initiative de bénévoles active depuis le début de l'invasion à grande échelle — a lancé une collecte participative sur la plateforme Zrzutka.pl. L'objectif : 500 000 zlotys pour acheter ces mêmes autobus à Kielce, non plus comme un cadeau de la ville, mais comme une transaction commerciale.

« Puisque les politiciens ont échoué, c'est à nous de nous mettre au travail. Quand des gens en costumes s'enrichissent des avantages politiques et se nourrissent de ressentiment historique, nous, on fait juste notre travail. »

— extrait de la description de la campagne de la fondation « Sikorki na Ukrainie » sur Zrzutka.pl

En quatre jours, plus de 6 600 personnes ont réagi. La somme a dépassé les 534 000 zlotys — plus que l'objectif. Les organisateurs ont promis : si davantage d'argent arrive, ils achèteront plus d'autobus. Si Kielce refuse de vendre — ils chercheront le transport directement en Ukraine, et le reste sera destiné à la protection des civils contre les attaques aériennes.

Ce que cela signifie pour les deux pays

La situation a mis au jour une fracture caractéristique : entre une partie de l'élite politique polonaise qui utilise les griefs historiques comme instrument de pression actuel, et la société civile polonaise qui agit indépendamment de ces griefs. Il est révélateur que la collecte n'ait été accompagnée d'aucune condition concernant le nom des rues.

  • Autobus : 15 unités, âge 17–20 ans, destinés à la mise au rebut
  • Objectif de collecte : 500 000 zlotys (~6,1 millions de hryvnias)
  • Résultat en 4 jours : plus de 534 000 zlotys, plus de 6 600 donateurs
  • Plan B : si Kielce refuse de vendre — recherche de transport en Ukraine

La question de Volhynie dans les relations polono-ukrainiennes ne disparaîtra nulle part — mais cet épisode montre que son utilisation dans des questions humanitaires concrètes se heurte à une résistance pratique d'en bas. La question qui demeure ouverte est de savoir si le conseil municipal de Kielce acceptera de vendre les autobus à la fondation après que le transfert officiel a échoué précisément en raison d'une décision du même conseil.

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