En janvier 2026, la consultante en restauration et directrice du centre analytique « Restaurants d'Ukraine » Olga Nasonova avertissait : en raison des coupures d'électricité et des gelées, la fréquentation des établissements a chuté de moitié, et Kyiv pourrait perdre jusqu'à 20 % de ses restaurants d'ici le printemps. Les données d'avril d'OLX Immobilier montrent que le pire scénario ne s'est pas réalisé — mais parler de reprise serait prématuré.
Ce qui s'est passé avec l'offre
Le nombre d'annonces de location de locaux pour cafés et restaurants au cours du premier trimestre a augmenté de 33 % à Dnipro, de 25 % à Odessa et de 16 % à Kyiv. Cela s'explique partiellement par les séquelles de l'hiver : les établissements qui ont fermé en décembre-janvier ont mis leurs locaux sur le marché. C'est aussi la raison pour laquelle les prix de location dans la catégorie cafés et restaurants ont baissé de 15 % en 2025 — alors que les loyers commerciaux ont augmenté de 25 % en général.
À Lviv et Kharkiv, l'offre est restée au niveau de janvier — à Kharkiv, proche du front, le marché est restreint par des facteurs de sécurité, tandis que Lviv a maintenu une demande relativement stable pendant l'hiver.
La demande dépasse l'offre
La demande a réagi plus fortement : à Lviv, le nombre de demandes de location a augmenté de 45 % par rapport à janvier, à Kyiv de 40 %. Cela signifie que les entrepreneurs recherchent à nouveau des locaux — soit ceux qui ont survécu à l'hiver se développent, soit de nouveaux acteurs arrivent sur le marché et attendaient une baisse des prix.
« Même sans une stabilisation complète de l'approvisionnement en électricité, un temps plus doux pourrait changer la situation. Certains projets fermés reviendront, d'autres locaux seront occupés par de nouveaux acteurs ».
Olga Nasonova, directrice du centre analytique « Restaurants d'Ukraine »
La prévision faite en janvier se réalise — mais avec un point d'interrogation : Nasonova prédisait à l'époque une « fenêtre d'opportunité » pour de nouveaux opérateurs du fait de la baisse des loyers. La demande d'avril confirme que certains entrepreneurs voient cette fenêtre.
Pourquoi c'est plus que de la statistique
Derrière chaque annonce de location se cache la décision d'une personne particulière de contracter un crédit, d'ouvrir une micro-entreprise ou d'embaucher ses deux premiers employés. En 2025, l'achat de biens immobiliers commerciaux pour des cafés et restaurants a augmenté de 17 % — le plus important parmi tous les segments commerciaux. C'est de l'argent à long terme : quelqu'un parie sur le fait que la demande pour « sortir manger » restera même en conditions de guerre.
En revanche, le marché n'a toujours pas retrouvé les chiffres d'avril 2025. Il y a un an, il n'y avait pas de fermetures aussi massives, pas de « krach des restaurants » en décembre — et cette base de comparaison reste inaccessible.
Si l'été 2026 n'apporte pas un nouveau choc électrique — le marché a une chance de combler l'écart d'ici l'automne. Si les coupures reviennent au même niveau qu'en décembre-janvier, certains établissements qui viennent de signer un bail en avril afficheront à nouveau l'enseigne « à louer » avant l'hiver.