Pourquoi cela vaut la peine d'être lu aujourd'hui
Le 25 février, la Verkhovna Rada a adopté en deuxième lecture et dans son ensemble le projet de loi n°7577, qui prépare la deuxième étape de la réforme de la mélioration (aménagement hydraulique des terres). Le texte a été soutenu par 229 députés. Ce n'est pas une simple modification juridique — c'est un outil pour remettre en service des infrastructures critiques qui, face aux défis climatiques et à la reconstruction post‑conflit, peut devenir la clé d'un secteur agricole stable.
Ce que change la loi
La loi autorise la création d'opérateurs publics des systèmes de mélioration sous la forme d'entreprises publiques à but non lucratif. Ces opérateurs disposeront d'autonomie financière, pourront attirer des investissements et planifier leurs activités sur des horizons plus longs.
Il est proposé d'inclure dans les conseils de surveillance des opérateurs des représentants des agriculteurs et d'autres utilisateurs de l'eau — une tentative de concilier la gestion étatique et les intérêts de ceux qui utilisent directement l'eau.
L'un des principes clés est la préservation de la continuité de l'infrastructure de mélioration, afin que des changements locaux ne fragmentent pas des systèmes qui fonctionnent à l'échelle régionale.
Tarifs et investissements
Les tarifs de l'eau pour l'irrigation sont introduits en deux composantes : une part fixe pour la connexion au réseau et une part variable selon le volume d'eau consommé. Une composante d'investissement sera également incluse dans le tarif, visant à assurer l'entretien courant et la modernisation des réseaux.
Contexte et ampleur
C'est la poursuite d'une réforme lancée précédemment : le 17 février 2022, le parlement a adopté une loi sur l'irrigation des terres, qui a permis aux utilisateurs d'eau de se regrouper en unions et de prendre les systèmes à leur charge. Les premiers réseaux d'irrigation ont commencé à être transférés à la gestion des agriculteurs à la fin de 2023.
Le gouvernement a des objectifs ambitieux : selon le plan du Cabinet du 25 mars, d'ici 2050 la superficie irriguée doit passer des ~136 000 ha actuels à 700 000–750 000 ha. Le ministre de la politique agricole Vitaliy Koval a indiqué que le pays a besoin d'irriguer environ 1,5 million d'hectares.
«En Ukraine, 1,5 million d'hectares de terres agricoles nécessitent l'irrigation, et cette superficie doit augmenter»
— Vitaliy Koval, ministre de la politique agricole et de l'alimentation
«Sans une irrigation efficace, l'Ukraine risque de perdre jusqu'à la moitié de sa production agricole»
— Conseil agraire panukrainien
Ce que cela signifie en pratique
Pour les agriculteurs : les tarifs à deux composantes signifient une redevance de base prévisible pour l'accès au réseau et une flexibilité dans le paiement selon la consommation réelle ; la composante d'investissement devrait améliorer la fiabilité de l'approvisionnement, mais à court terme elle pourrait augmenter les coûts.
Pour les investisseurs et les bailleurs : l'apparition d'opérateurs sous forme d'entités publiques avec autonomie financière rend les projets plus clairs et attractifs pour des investissements à long terme dans la modernisation.
Pour l'État : la loi crée un cadre pour la restauration d'infrastructures critiques, ce qui renforce la sécurité alimentaire et la résilience du secteur agricole face aux risques climatiques et à la reconstruction post‑conflit.
Conclusion
La décision du parlement est une étape importante, mais l'effet réel dépendra de sa mise en œuvre : à quelle vitesse les opérateurs deviendront opérationnels, dans quelle mesure les mécanismes tarifaires fonctionneront de manière transparente et si l'intégrité des systèmes sera préservée lors des transferts de gestion. L'étape suivante consiste à transformer l'instrument législatif en investissements concrets et en réparations sur le terrain. Pourrons‑nous profiter de cette opportunité pour une véritable restauration de l'irrigation — c'est une question de pratique, pas de déclarations.