En bref
Renault Group a annoncé le 23 février le rachat des parts de Volvo et de CMA CGM dans la coentreprise Flexis. Après obtention des autorisations des autorités de concurrence, Renault deviendra l'unique propriétaire du projet qui développe une nouvelle génération de véhicules utilitaires légers électriques (VUL / LCV).
« C'était une initiative surnommée “la Tesla des fourgons” — un projet aux grandes ambitions en matière d'électrification des transports commerciaux. »
— Luca de Meo, alors PDG de Renault
Pourquoi cela s'est-il produit
Selon Le Monde, après un changement de direction chez Renault, les tensions ont augmenté entre les actionnaires de Flexis : la société dirigée par le nouveau PDG François Provost a estimé que le rythme d'électrification du marché des poids lourds était plus lent que prévu et a proposé de revoir le business plan. Volvo et CMA CGM, au contraire, restaient convaincus de la pertinence d'investissements à long terme.
Le conflit a été si important que la direction de Flexis a saisi la justice pour demander une médiation, puis les actionnaires se sont mis d'accord pour vendre leurs parts à Renault. Les engagements initiaux prévoyaient des investissements de 300 M€ de la part de Renault et de Volvo et de 120 M€ de la part de CMA CGM sur trois ans.
« Après obtention des autorisations des régulateurs de la concurrence, Renault deviendra propriétaire à 100 % de Flexis. »
— Service de presse de Renault
Ce que développe Flexis et quand cela sera sur le marché
Flexis travaille sur le Trafic E‑Tech et d'autres modèles sur la nouvelle plateforme de Renault. Selon Automobile Propre, le premier modèle permet de recharger la batterie de 15 % à 80 % en moins de 20 minutes. La production devrait commencer fin 2026, les ventes en 2027.
Conséquences pour le marché et les concurrents
L'avantage d'un propriétaire unique — une prise de décisions stratégiques plus rapide et une redistribution des investissements en fonction du rythme réel de la demande. Pour Renault, c'est aussi un moyen de consolider ses positions dans le segment des véhicules utilitaires légers (LCV), où en 2025 la société détenait environ 28,7 % du marché français, derrière Stellantis (38,2 %).
Parallèlement à cette opération, Renault développe des alliances : en décembre 2025, la société et Ford ont annoncé un partenariat stratégique pour la production de voitures électriques accessibles pour l'Europe — un facteur qui pourrait influer sur le coût et la mise à l'échelle des technologies pour les modèles commerciaux.
Ce que cela signifie pour l'Ukraine
Ce n'est certes pas un événement direct pour le marché ukrainien. Cependant, la transition des constructeurs européens vers les VUL électriques comporte plusieurs conséquences importantes pour l'Ukraine :
- logistique de la reconstruction : des fourgons électriques moins chers et plus efficaces réduisent les coûts lors de vastes travaux de réparation-construction et de la livraison d'aide ;
- indépendance énergétique : l'électrification réduit la dépendance au gazole et renforce le rôle des systèmes énergétiques locaux et des énergies renouvelables ;
- opportunités d'intégration : les fournisseurs et prestataires ukrainiens peuvent devenir parties intégrantes des chaînes européennes — des composants à la maintenance des flottes.
Les analystes et les médias spécialisés notent que l'accélération de la production et la baisse des coûts de revient des VUL électriques ouvrent des opportunités supplémentaires pour les États et les entreprises qui envisagent la reconstruction des infrastructures.
Conclusion
Le passage de Renault au contrôle total de Flexis est une démarche pragmatique pour traiter plus rapidement les questions stratégiques et unifier les investissements en fonction des nouvelles réalités de la demande. Pour l'Europe, cela peut signifier une montée en puissance plus rapide des fourgons électriques ; pour l'Ukraine, des possibilités supplémentaires en matière de logistique et de reconstruction économe en énergie. La question clé est désormais de savoir si les déclarations et les accords se traduiront par une production de masse et des prix compétitifs pour les utilisateurs finaux.