Le FMI contre la « super-taxe » : pourquoi une imposition de 50 % sur les banques pourrait coûter plus cher à l'Ukraine qu'elle ne lui rapporte

Le Fonds monétaire international recommande à Kyïv d'abolir le taux d'imposition sur les bénéfices des banques majoré après 2027. L'argument est simple : le secteur n'accumule pas de capital et les investisseurs ne se manifestent pas.

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Фото: depositphotos.com

Lorsque l'Ukraine a mis en place en 2023 une taxe sur les bénéfices des banques de 50%, la logique était claire : le secteur financier réalisait des profits en temps de guerre, et l'État avait besoin de ressources. Mais le FMI conseille désormais fermement de ne pas transformer cette mesure temporaire en disposition permanente — et explique pourquoi.

Qu'est-ce qui ne va pas exactement avec les 50% ?

Selon les estimations du FMI, le taux majoré bloque l'accumulation naturelle de capital au sein du système bancaire. En d'autres termes : les banques remettent à l'État la moitié de leurs bénéfices au lieu de renforcer leurs propres réserves. Pour un pays qui devra se reconstruire après la guerre et aura besoin d'un crédit massif, c'est un problème structurel, pas une simple question comptable.

Le deuxième argument concerne l'attrait pour les investissements. Les capitaux étrangers ne s'investiront pas dans le secteur bancaire dans des conditions qui font de l'Ukraine une exception notable par rapport à ses concurrents régionaux. Le taux standard dans les pays voisins est de 18–25%.

Un conflit qui n'a nulle part disparu

Le problème ne réside pas dans le fait que le FMI soit « contre » ou « pour » les banques. Le véritable conflit oppose le besoin fiscal à court terme de l'État à la durabilité à long terme du système financier. Tant que le budget dépend de chaque source de revenus, renoncer au « super-impôt » — même si cela est justifié — signifie trouver avec quoi le remplacer.

C'est précisément pourquoi le FMI parle d'un horizon de 2027 et non de changements immédiats. Cela laisse le temps de construire une alternative, mais exige que le gouvernement définisse dès à présent publiquement ce qui la remplacera.

Ce que cela signifie pour une personne ordinaire

Des banques faiblement capitalisées signifient des crédits plus chers pour les entreprises et une capacité moindre à financer la reconstruction. Un entrepreneur qui souhaite obtenir un prêt pour créer une entreprise dans une région libérée dépend directement de la capacité de la banque à lui consentir un crédit à un taux acceptable.

La position de la Banque nationale reste pour l'instant prudente : le régulateur reconnaît le problème mais n'a pas exercé publiquement de pression sur le ministère des Finances avec des délais spécifiques. Le ministère des Finances, de son côté, n'a annoncé aucun plan de transition.

La recommandation du FMI est documentée — mais sans mécanisme de mise en œuvre, elle reste un vœu pieux. La question est de savoir si un plan concret verra le jour avant la fin de 2025, tant que le cycle budgétaire n'est pas encore clôturé.

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