Un contribuable = £330 millions. La Grande-Bretagne perd ces personnes une à une

Chris Rokos transfère son résidence fiscale en Grèce — et emporte avec lui une somme que le gouvernement britannique devra trouver ailleurs. Ce n'est pas une histoire de cupidité, mais plutôt de la façon dont la politique fiscale rivalise sur le marché mondial des personnes fortunées.

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Кріс Рокос (фото – newmoney)

Chris Rokos a versé l'année dernière environ £330 millions d'impôts au Trésor britannique — la troisième plus grande contribution du pays selon le classement du Sunday Times. Désormais, il transfère son résidence fiscale en Grèce et ouvre un bureau de son fonds spéculatif à Athènes. Le fonds Rokos Capital Management gère des actifs d'une valeur de 22 milliards de dollars, et Bloomberg estime la fortune de son fondateur à 4 milliards de dollars.

À première vue, il s'agit d'une énième histoire de milliardaire fatigué des pluies britanniques. Mais derrière ces chiffres se cache une question pratique qui est actuellement douloureuse pour tout gouvernement confronté à un déficit budgétaire : quel est le coût de la perte d'une seule personne fortunée, et est-il possible de le compenser en augmentant les impôts pour ceux qui restent.

Qu'est-ce qui a exactement changé en Grande-Bretagne

Rokos ne part pas en raison d'une irritation soudaine, mais en réaction à un changement spécifique des règles. La Grande-Bretagne a supprimé le régime non-dom de longue durée, qui permettait aux étrangers fortunés de ne pas payer d'impôts britanniques sur les revenus générés en dehors du pays. À la place, elle a introduit un nouveau régime Foreign Income and Gains — exonération complète d'impôt sur les revenus étrangers, mais seulement pour quatre ans.

Quatre ans, c'est peu comparé à ce qu'offrent les concurrents. La Grèce permet aux étrangers fortunés de payer un montant forfaitaire de 100 000 euros par an sur tous les revenus étrangers et dispose d'un régime préférentiel distinct de 15 ans pour les investisseurs. Cet été, Athènes a en outre simplifié les règles pour les gestionnaires de fonds : désormais, les intérêts acquis — la part des bénéfices que reçoit le gestionnaire lui-même — ne sont imposés qu'à 5 %.

Il ne s'agit donc pas d'une absence totale d'imposition, mais du fait que la Grèce a proposé un accord plus long et prévisible. Pour une personne qui prévoit de gérer un fonds de 22 milliards de dollars au cours des quinze prochaines années, la différence entre quatre ans d'avantages fiscaux et quinze ans n'est pas un détail, mais la base de la planification financière.

Rokos n'est loin d'être le premier

La liste de ceux qui ont déjà quitté la Grande-Bretagne récemment ressemble à une chronique de fuite des capitaux : le milliardaire norvégien John Fredriksen, l'investisseur allemand Christian Angermayer, les fondateurs d'Improbable et Revolut, le milliardaire islandais Thor Bjorgolfsson, et même Lakshmi Mittal — la personne qui a dirigé le classement des habitants les plus riches de Grande-Bretagne huit fois.

Lorsque ce ne sont pas un seul investisseur occasionnel qui quitte le pays, mais que la même trajectoire se répète systématiquement — ce ne sont plus des décisions personnelles, mais un signal du marché indiquant où le capital se dirige en réaction à la politique fiscale.

Pourquoi cela se produit-il maintenant

Il y a un deuxième aspect à cette histoire — budgétaire. Le premier budget du ministre des Finances John Healey est prévu pour le 28 octobre, et il est élaboré dans des conditions où la réserve budgétaire du gouvernement a déjà été réduite de moitié — passant de £23,6 milliards en mars. La raison en est une liquidation sur le marché mondial des obligations, qui rend l'emprunt plus difficile.

Dans ce contexte, la Grande-Bretagne rediscute d'une augmentation des impôts pour les banques, les sociétés pétrolières et les citoyens fortunés. La logique est compréhensible : si l'on a besoin d'argent, le moyen le plus simple de le trouver est d'imposer davantage ceux qui gagnent le plus. Mais le paradoxe est que c'est précisément cette logique qui accélère le départ de ces mêmes personnes dont le gouvernement souhaite augmenter les impôts.

La perte d'un contribuable du niveau de Rokos signifie que quelqu'un d'autre devra boucher le trou de £330 millions — ou que le gouvernement devra réduire ses dépenses.

Une question sans réponse simple

La Grande-Bretagne s'est retrouvée dans un piège fiscal classique : augmenter les taux pour les plus riches afin de couvrir le déficit — une idée attrayante pour les électeurs — mais cela ne fonctionne que si ces personnes n'ont nulle part où aller. La Grèce, l'Italie et d'autres juridictions ont prouvé que des alternatives existent et qu'elles sont tout à fait réelles pour les personnes disposant de capital et de mobilité.

Si, après le 28 octobre, la Grande-Bretagne augmente effectivement les impôts pour les plus riches, il faut surveiller non pas la réaction des marchés le premier jour, mais le nombre de noms qui s'ajouteront à la liste de ceux qui ont déjà quitté — Fredriksen, Angermayer, Mittal et maintenant Rokos.

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