Un changement discret de politique aux conséquences bruyantes
En 2025, après l'entrée en fonction de Donald Trump à la présidence, les États-Unis ont en pratique réduit la pression des sanctions contre la Russie, ont constaté des représentants du Parti démocrate lors d'auditions à la commission bancaire du Sénat américain. En un an, l'administration n'a imposé des restrictions qu'à deux entités — Rosneft et Lukoil — alors que l'Union européenne a élargi ses listes de sanctions de près de 900 noms.
Ce qui a été dit au Sénat
Les démocrates au comité ont souligné que le retard dans la mise en place d'un paquet de sanctions clé — de huit mois — a offert à la Russie des possibilités de contourner les restrictions et de renforcer ses positions de négociation. À leur avis, sans application systématique des sanctions, les États-Unis perdent des leviers d'influence, ce qui augmente le risque que les négociations diplomatiques se déroulent à l'avantage du Kremlin.
« Pourquoi le président, s'il est sérieux au sujet de l'obtention du meilleur accord de paix possible, a-t-il laissé s'affaiblir le levier des sanctions ? »
— Représentants du Parti démocrate, commission bancaire du Sénat américain
Position de l'administration et arguments du Trésor
Le secrétaire au Trésor Scott Bessent reconnaît : les sanctions d'octobre contre Rosneft et Lukoil ont été « la plus grande réussite » de l'administration, car, selon lui, ce sont elles qui ont poussé les Russes à la table des négociations. En même temps, il a expliqué qu'un paquet est parfois considéré comme suffisant et ajouté que les mesures futures dépendront du déroulement des négociations de paix.
« Nous verrons comment se dérouleront les négociations de paix. »
— Scott Bessent, secrétaire au Trésor des États-Unis
Ce qui a été manqué et pourquoi c'est important
Le rapport des démocrates du Sénat énumère des cibles potentielles de sanctions que l'administration n'a pas touchées : plus de 130 entreprises en Chine et à Hong Kong, supposément impliquées dans la fourniture de puces interdites à la Russie ; y sont également mentionnées des banques d'Asie centrale et plusieurs sociétés déjà soumises à des restrictions de l'UE et du Royaume-Uni. Pendant ce temps, le Royaume-Uni et l'Australie ont publié de larges paquets de sanctions — respectivement environ 300 et 180 noms.
Conséquences pour l'Ukraine et suite
Le cadrage de cette histoire est important pour le lecteur : les sanctions ne sont pas seulement une punition, mais un outil de sécurité. Si les États-Unis ne l'utilisent pas de façon systématique, les partenaires perdent la coordination et la Russie obtient des voies de contournement des restrictions. Cela complique la position de l'Ukraine dans les négociations et réduit la marge de manœuvre que le monde peut imposer au Kremlin.
La balle est maintenant dans le camp des partenaires : transformeront-ils les déclarations officielles et les analyses en mesures concrètes et coordonnées ? De cela dépendra l'efficacité du dispositif de sanctions comme barrière pour l'agresseur.