Trump invoque une loi datant de la Grande Dépression, inutilisée depuis 77 ans, pour contourner la Cour suprême

Après que la Cour suprême a annulé les pouvoirs douaniers de Trump en vertu de la IEEPA, l'administration a trouvé un substitut dans les archives poussiéreuses des années 1930. L'article 338 de la loi Smoot-Hawley donne au président le pouvoir d'imposer des tarifs de 50 % sans aucune restriction procédurale.

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Дональд Трамп (Фото: EPA)

Le 20 juillet 2026, Donald Trump a signé trois proclamations présidentielles instaurant des tarifs de 50 % sur un large éventail de produits canadiens — de l'alcool et des produits laitiers à l'électronique et aux automobiles. Fondement juridique : la section 338 de la Loi tarifaire de 1930, adoptée pendant la Grande Dépression. Cette disposition a été appliquée pour la dernière fois en 1949.

Pourquoi maintenant — et pourquoi cette loi

Le choix de cet instrument n'est pas fortuit. En février 2026, la Cour suprême a jugé à la majorité 6–3 inconstitutionnelle l'application de l'IEEPA pour l'imposition de tarifs — la loi que l'administration utilisait depuis le début de la guerre commerciale. Comme l'indique une analyse de WilmerHale, immédiatement après la décision de la Cour, la Maison-Blanche a instauré un tarif mondial de 10 % en vertu de la section 122 de la Loi sur le commerce de 1974 — une autre disposition qui n'avait jamais été appliquée auparavant. Mais la période d'application de la section 122 a expiré cette même semaine.

La section 338, contrairement aux sections 232 et 301, ne requiert ni enquêtes, ni consultations, ni délai d'attente avant l'annonce des tarifs — uniquement une pause de 30 jours avant leur entrée en vigueur. Les tarifs entreront en vigueur le 19 août 2026 et porteront sur des marchandises d'une valeur d'environ 20 milliards de dollars.

La logique de l'administration : répondre à la « discrimination »

Le motif formel en vertu de la section 338 est de démontrer que le Canada discrimine les entreprises américaines au profit d'autres partenaires. L'administration Trump invoque trois secteurs : les provinces canadiennes ont pratiquement cessé d'acheter de l'alcool américain (baisse des importations de 81 % ou 582 millions de dollars par rapport à l'année précédente), ont imposé des restrictions sur les automobiles et produits laitiers américains — mais pas sur des produits similaires d'autres pays.

« Ce différend commercial a augmenté les prix pour les familles — d'abord aux États-Unis »

Le premier ministre du Canada Mark Carney, publication sur le réseau social X, 21 juillet 2026

La réaction du Canada : entre négociations et « dollar pour dollar »

Après sa conversation avec Trump, Carney a déclaré être prêt à des négociations intensives, mais a averti qu'il « examinerait toutes les options » si les tarifs entrent réellement en vigueur. Les chefs provinciaux adoptent une position plus dure : le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a appelé publiquement à répondre « tarif pour tarif, dollar pour dollar ». Le premier ministre de l'Alberta, Danielle Smith, s'est concentré sur le fait que les nouveaux tarifs nuisent aux travailleurs canadiens et américains.

  • Les tarifs contournent l'ALÉNA : le certificat d'origine ne dispense pas la marchandise de la section 338 — le régime préférentiel antérieur pour les produits canadiens n'existe plus
  • Exclusions : ressources énergétiques, potasse, minéraux critiques et marchandises déjà couvertes par la section 232
  • Le tarif moyen sur les produits canadiens augmentera d'environ 2,3 points de pourcentage, selon l'évaluation du principal stratège de marché de Corpay, Karl Schmaltz

L'incertitude juridique — le principal risque

La section 338 n'a jamais fait l'objet d'un test judiciaire dans les conditions actuelles. Les juristes spécialisés dans le commerce invoquent deux arguments contre son application : premièrement, le Congrès ne peut déléguer le pouvoir d'établir les tarifs que dans des limites étroites ; deuxièmement, cette disposition était destinée à répondre à des mesures unilatérales d'autres pays — mais pas à leurs réactions aux tarifs américains. Si les tribunaux soutiennent le deuxième argument, toute la construction s'effondrera : le Canada n'a rien instauré en premier — il répondait aux tarifs américains de 2025.

En parallèle, il existe un précédent plus large : la Cour suprême a déjà appliqué la doctrine des « grandes questions » — exigeant un mandat clair du Congrès pour les grandes décisions présidentielles — pour neutraliser l'IEEPA. Cette même logique pourrait potentiellement être appliquée à la section 338, adoptée en 1930 pour un contexte géopolitique entièrement différent.

Si d'ici le 19 août Carney et Trump ne parviennent pas à un accord-cadre — et si l'Ontario instaurait effectivement des tarifs symétriques — le tribunal recevrait deux appels parallèles simultanément : contre la légalité même de la section 338 et contre le fait de savoir si les mesures canadiennes constituent une « discrimination » au sens de la disposition de 1930. La réponse à cette question déterminera si un mécanisme tarifaire fonctionnel restera dans l'arsenal de Trump jusqu'à la fin de son mandat.

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