Trois banques sceptiques et Revolut : qui a accepté de tester l'euro numérique — et ce que cela signifie pour votre argent

La BCE a sélectionné 36 entreprises de paiement parmi 57 candidats pour participer à un projet pilote de 12 mois sur l'euro numérique, qui débutera en 2027. Parmi les participants figurent Deutsche Bank, DZ Bank et BPCE, qui ont critiqué publiquement le projet il y a peu de temps.

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Башта штаб-квартири Європейського центрального банку у Франкфурті-на-Майні, Німеччина (фото - EPA / CHRISTOPHER NEUNDORF)

Le 14 juillet 2026, la Banque centrale européenne a publié une liste de 36 sociétés de paiement qui participeront au projet pilote de l'euro numérique. Parmi elles figurent certaines qui l'ont récemment freiné.

De la candidature à la sélection : qui a été retenu

36 participants ont été sélectionnés parmi plus de 50 candidats provenant de toute la zone euro suite à un appel d'offres ouvert annoncé en mars 2026. Les finalistes comprennent des entreprises de 16 des 21 pays membres de la zone euro — des banques traditionnelles aux plateformes fintech.

Selon Silicon Republic, parmi les participants figurent Deutsche Bank, UniCredit, Revolut, Stripe Technology Europe, SumUp, Adyen et Worldline. Un détail remarquable : Deutsche Bank, DZ Bank et BPCE faisaient auparavant partie d'un groupe de 14 banques européennes qui avaient exprimé publiquement des réserves concernant l'euro numérique — principalement en raison des coûts et du risque de compromission des initiatives de paiement privées. À présent, tous les trois ont soumis des candidatures et ont été sélectionnés.

« Le projet pilote vise à soutenir les travaux préparatoires concernant un éventuel lancement de l'euro numérique et débutera au second semestre 2027 pour une durée de 12 mois ».

— Communiqué de presse de la BCE, 14 juillet 2026

Ce qui sera testé et qui paiera

Selon CoinDesk, le projet pilote testera une version bêta de l'euro numérique pour les paiements en ligne, hors ligne, aux caisses et dans le e-commerce. Les premiers utilisateurs seront les employés de la BCE et des 19 banques centrales nationales — en d'autres termes, la population réelle ne sera pas admise au projet pilote.

Parallèlement, le processus législatif est en cours. Le 23 juin, la commission ECON du Parlement européen a voté en faveur du projet de régulation (43 votes pour, 14 contre), et le 9 juillet, la session de Strasbourg a approuvé le mandat de négociation pour le trilogue — 416 contre 169. L'objectif institutionnel est de finaliser l'adoption de la législation d'ici la fin 2026. Sans l'adoption de la réglementation, la BCE n'aura pas le droit d'émettre une monnaie numérique, même après un projet pilote réussi.

Limite de stockage : pourquoi 3 000 euros n'est pas un chiffre aléatoire

Le paramètre de discussion clé concerne le montant d'euro numérique qu'une personne peut détenir. La BCE a publié une analyse technique : une limite de 3 000 euros par personne ne nuira pas à la stabilité financière même dans un scénario de crise. Cependant, des chercheurs indépendants de Bruegel ont calculé qu'un seuil encore plus bas — entre 1 500 et 2 000 euros — serait suffisant pour la stabilité, tandis qu'une limite plus élevée pourrait potentiellement réduire les dépôts de détail bancaires de 15 %.

Ce n'est pas un problème abstrait : si des millions de personnes transfèrent leurs fonds d'un compte bancaire vers l'euro numérique, les banques auront moins de ressources pour octroyer des crédits — par conséquent, les taux d'intérêt sur les prêts pourraient augmenter.

Confidentialité : où se situe la limite entre protection et surveillance

Le débat le plus intense concerne la vie privée. Le docteur Patrick Schüffel, professeur adjoint à la Fribourg School of Management et critique de longue date des CBDC, avertit : « Une technologie sera déployée qui pourrait être utilisée pour la surveillance et le contrôle comme aucune autre dans l'histoire humaine ». La BCE indique que les paiements hors ligne auront un niveau de confidentialité proche de celui des paiements en espèces. Mais « proche de » n'est pas la même chose qu'« égal à ».

La réglementation comprend des normes anti-blanchiment et des exigences de lutte contre le financement du terrorisme qui, par définition, impliquent une certaine identification des transactions. Le texte final de la réglementation, actuellement en cours de négociation lors du trilogue, précisera exactement où se situe la limite entre la conformité nécessaire et la surveillance excessive.

Contexte géopolitique : pourquoi maintenant

Selon Euronews, les déclarations officielles évoquent l'argument de réduire la dépendance vis-à-vis des systèmes de paiement américains. Les États-Unis, eux, se dirigent dans la direction opposée : le Congrès a adopté une loi interdisant à la Réserve fédérale d'émettre une CBDC. Si l'euro numérique fonctionne, l'Europe obtiendra une infrastructure de paiement publique, indépendante de Visa, Mastercard et — potentiellement — de la pression géopolitique de Washington.

Si le trilogue entre le Parlement, le Conseil de l'Union européenne et la Commission s'achève d'ici la fin 2026 et si la réglementation est adoptée — le projet pilote en 2027 sera un test non seulement de la fonctionnalité technique, mais aussi de savoir si les banques elles-mêmes accepteront de réellement promouvoir un instrument qui concurrence leurs propres dépôts.

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