Le Conseil de l'UE a adopté le prochain « mini-paquet » de mesures restrictives contre la Russie. Au-delà de la formulation standard sur la « guerre agressive » et le « droit international » — l'anatomie concrète de la pression : sept personnes et 21 organisations liées au complexe militaro-industriel de la Russie et ses intermédiaires dans des pays tiers, plus deux personnes et 24 organisations du soi-disant écosystème pétrolier clandestin.
Flotte fantôme : des navires à toute la chaîne
La nouveauté de ce paquet — ce n'est pas simplement l'élargissement de la liste des navires, mais un coup porté à l'infrastructure de contournement des sanctions. Les registres maritimes qui fournissent des pavillons de complaisance aux navires de la flotte fantôme, créant l'illusion de conformité aux exigences internationales, ont été visés. Parmi les objectifs spécifiques — Litasco Middle East DMCC, une filiale de Loukouïl aux EAU, qui a servi d'intermédiaire clé pour la flotte fantôme.
Le nombre total de navires visés par les sanctions de l'UE approche les 600. Parallèlement, il leur est interdit d'accéder aux ports de l'UE et d'utiliser un large éventail de services maritimes — de l'assurance à la maintenance technique.
« Les schémas de contournement des sanctions par la flotte fantôme constituent une menace non seulement pour le régime restrictif, mais aussi pour la sécurité maritime et l'environnement ».
Conseil de l'UE
Le chiffre que les gros titres ne mentionnent pas
Depuis l'introduction du plafonnement des prix du pétrole et des sanctions contre la flotte fantôme, les revenus correspondants de la Russie ont diminué de 38 milliards d'euros. Les rentrées pétrolières de la Russie en mars 2025 ont été inférieures de 13,7 % à celles de mars 2023 et inférieures de 20,3 % aux chiffres de mars 2022 — avant même l'invasion à grande échelle.
Cependant, l'UE elle-même l'enregistre : la Russie diversifie activement ses schémas de contournement. De nouveaux instruments sont apparus — notamment la stablecoin A7A5, créée avec le soutien de l'État russe et utilisée pour financer les activités de soutien à la guerre.
Complexe militaro-industriel et pays tiers : la dimension chinoise
Dans la liste des sanctions — des entreprises qui fournissent des composants pour la production de drones via des pays tiers. Parmi elles — la chinoise Xinxiang Richful Lubricant Additive Company et une autre entreprise de Shenzhen. C'est un moment sensible : l'UE fait effectivement pression sur Pékin par le biais des listes de sanctions, sans entrer en confrontation diplomatique ouverte.
- Complexe militaro-industriel et intermédiaires : 7 personnes et 21 organisations, y compris des structures de recherche (« Lavotchkine », technopôle « ERA », Fonds de recherche avancée)
- Écosystème pétrolier clandestin : 2 personnes et 24 organisations, y compris des registres maritimes et des traders pétroliers des EAU, du Viêtnam et de Russie
- Sanctions en Crimée : prolongées séparément jusqu'au 23 juin 2027
Le 21ème paquet — plus vaste et plus complet — est prévu pour plus tard cet été. C'est lui qui doit combler les lacunes que le « mini-paquet » colmate actuellement.
La question clé reste ouverte : une perte de 38 milliards d'euros suffit-elle pour modifier les calculs stratégiques du Kremlin, ou le force-t-elle simplement à chercher plus vite de nouveaux schémas ? La réponse apparaîtra si le 21ème paquet frappe simultanément l'infrastructure cryptographique et les intermédiaires chinois — et si le G7 agit de manière coordonnée.