70 personnes, 15 véhicules et trois ans de pratique que personne n'a dans l'UE
Vendredi, un détachement combiné du SESU s'est rendu en France pour combattre les incendies de forêt. Formellement, il s'agit d'une opération ordinaire dans le cadre du Mécanisme de protection civile de l'Union européenne — des missions de ce type se produisent des dizaines de fois par an. Mais il y a un détail qui mérite d'être révélé : les sauveteurs ukrainiens ne vont pas en tant que simple force d'appui, mais en tant qu'équipe possédant une expérience unique en Europe de travail dans des conditions que les pays pacifiques de l'UE ont du mal à imaginer.
Le ministre de l'Intérieur Ivan Vygovsky a tenu des négociations en ligne le 30 juillet avec son homologue français Laurent Nunez, et, selon Vygovsky, c'est précisément une évaluation élevée du travail des unités du ministère de l'Intérieur que la partie française a soulignée séparément. Ce n'est pas une simple courtoisie diplomatique — c'est un signal concret : l'expérience des pompiers et des sauveteurs ukrainiens est devenue une ressource qui s'exporte.
Pourquoi précisément les Ukrainiens et non les voisins espagnols ou italiens
La France dispose de ses propres services de protection civile et reçoit un soutien constant de ses voisins via le Mécanisme de l'UE. Mais la réalité quotidienne des sauveteurs ukrainiens consiste à éliminer les conséquences des frappes de missiles et de drones, à éteindre les incendies massifs après les bombardements, à mener des opérations de recherche et sauvetage dans des zones où de nouvelles frappes peuvent survenir. Ce sont les compétences de prise de décision dans le chaos et la pénurie de temps, acquises au fil des années de pratique au combat, et non par la formation.
Vygovsky a directement lié cette expérience à la demande de renforcement de la coopération entre les ministères — autrement dit, il ne s'agit pas d'un sacrifice ponctuel, mais d'un intérêt systémique des partenaires pour les compétences ukrainiennes.
L'aviation en réserve — et ce que cela signifie pour la négociation
Séparément, le ministre a annoncé : si la situation s'aggrave, l'Ukraine est prête à envoyer l'aviation du SESU. Ce n'est pas une bagatelle — la ressource aérienne est déficitaire dans toute l'Europe pendant la saison des incendies, et sa disponibilité en réserve rend l'offre ukrainienne plus importante que l'simple aide terrestre.
Il s'agit là du deuxième grand geste de ce genre : le 29 juillet, Zelensky a proposé directement à Macron de l'aide pour les incendies, et à l'automne 2024, l'Ukraine proposait un soutien aux pays touchés par les inondations. Le schéma se répète — et ce n'est plus un cas isolé de bonne volonté, mais un élément de la politique étrangère.
Question pratique
L'essentiel ici n'est pas le geste humanitaire en soi, mais la question de savoir si ce format se transformera en canal permanent d'échange — quand l'Ukraine partage systématiquement son expérience du combat en matière de protection civile en échange d'un soutien politique et militaire. Si la partie française valorise réellement les compétences du SESU autant que l'indiquent les paroles de Nunez, l'étape logique suivante devrait être non pas une mission ponctuelle, mais des exercices conjoints ou un échange de technologies de lutte contre les incendies — la question n'est que de savoir si la France est prête à payer cet expérience par ce qui est vraiment nécessaire à l'Ukraine.