Le maire qui n'a pas tenu sa promesse à Manchester fait maintenant la même promesse à toute la Grande-Bretagne

Andy Burnham est devenu le 59e premier ministre de la Grande-Bretagne — le septième en dix ans. Son premier acte : éliminer l'itinérance. Le problème, c'est qu'il avait fait cette promesse dès 2017.

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Le 20 juillet 2025, Andy Burnham a franchi les portes du Palais de Buckingham en tant que maire de Manchester et en est ressorti Premier ministre. Le roi Charles III l'a reçu lors d'une rencontre privée, après laquelle Burnham a officiellement reçu le mandat de former un gouvernement. La Grande-Bretagne a ainsi accueilli son septième Premier ministre en dix ans.

« Le septième en dix ans » — c'est désormais une marque de fabrique

Dans son premier discours, Burnham a reconnu ce fait et promis de « relever de nouveaux défis » pour que la Grande-Bretagne « retrouve la stabilité ». Son prédécesseur, Keir Starmer, a quitté Downing Street après le plus court mandat d'un travailliste à la tête du gouvernement dans l'histoire britannique moderne.

Burnham a remporté l'élection du leader travailliste sans opposition — aucun autre candidat n'a réuni les 20 % de nominations requises de la part du groupe parlementaire. Pour un homme que la hiérarchie du parti londonnien avait rejeté trois fois, c'est un retour triomphal et ironique.

La première promesse — et la première question

Avant de se rendre au palais, Burnham s'est arrêté dans un refuge pour sans-abri au centre de Londres. Le signal a été compris par tous : les sans-abri seraient la première priorité.

« Je vais bientôt franchir ces portes et je vais donner mon premier ordre — mettre fin aux sans-abri vivant dehors la nuit dans notre pays ».

Andy Burnham, premier discours à Downing Street, 20 juillet 2025

Le gouvernement allouera 340 millions de livres supplémentaires pour soutenir au moins 3 000 personnes dans toute l'Angleterre. Mais c'est précisément ici qu'apparaît un contexte inconfortable.

Le précédent de Manchester

Dans son manifeste électoral en tant que maire de Manchester en 2017, Burnham avait promis d'éliminer les sans-abri d'ici 2020 — et en 2019, il a reconnu qu'il ne respecterait pas cette cible. Un suivi officiel a enregistré 197 personnes dormant à la belle étoile à l'automne 2025 — deux fois plus qu'en 2021.

En revanche, il existe aussi un fait contraire : en 2019, le nombre de sans-abri dans le Grand Manchester a chuté de près de 40 % — de 241 à 151 personnes. Le programme « Un lit chaque nuit », lancé par Burnham en 2018, il voulait l'étendre à l'ensemble du pays. Désormais, il le fait — mais depuis le poste de Premier ministre, et non plus de maire.

Le cabinet et le contexte international

  • Plusieurs hauts responsables gouvernementaux, dont le vice-Premier ministre et le ministre des finances, ont annoncé leur départ du gouvernement dès le premier jour.
  • Burnham a promis de respecter les engagements en matière de défense envers les partenaires internationaux — un signal important dans un contexte de pression des alliés concernant les dépenses de défense.
  • Parmi les premiers messages de félicitations — du chancelier Merz, du Premier ministre Albanese, du secrétaire général de l'OTAN Rutte et de la présidente de la Commission européenne von der Leyen.

Burnham a également promis de nouvelles mesures concernant le coût de la vie — dès le lendemain de sa nomination. Mais le véritable test reste la première promesse : si 340 millions de livres et un nouveau gouvernement ne peuvent pas faire ce qui n'a pas pu être fait à Manchester, la « stabilité » deviendra un autre slogan sans résultat.

La question ne porte pas sur les intentions — elles sont documentées depuis 2017. La question est de savoir si l'ampleur de la tâche change sa capacité de réalisation : si Burnham ne résout pas le problème des sans-abri au cours de la première année, cela deviendra-t-il le moment qui définira tout son mandat ?

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