Merz : La crise au Moyen-Orient est un instrument de Moscou pour diviser l'OTAN

Le chancelier allemand estime que l'escalade des conflits au Moyen-Orient détourne ses alliés du soutien à l'Ukraine et affaiblit l'unité de l'Alliance.

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Фрідріх Мерц виступає з заявою для преси в Берліні, 9 квітня 2026 року (Фото: EPA,CLEMENS BILAN)

Friedrich Merz a exprimé publiquement ce que l'on chuchote dans les milieux diplomatiques : l'escalade au Moyen-Orient joue en faveur de Moscou. Le chancelier allemand met en garde les alliés de l'OTAN contre un scénario où les désaccords internes sur Gaza ou le Liban mineraient l'unité de l'Alliance dans le soutien à l'Ukraine.

La logique de Merz est simple et concrète : chaque fois que l'OTAN se divise selon les lignes du conflit moyen-oriental — entre les pays soutenant Israël et ceux posant des conditions — la Russie gagne de l'espace diplomatique. Elle constate que l'Occident n'est pas monolithique et l'utilise dans les négociations, la propagande et la pression sur les alliés hésitants.

De la symbolique à la mécanique

Le problème ne se limite pas à l'idéologie. La fracture au sein de l'OTAN a des conséquences tout à fait pratiques : retards dans les paquets d'aide à l'Ukraine, ralentissement des décisions au niveau du Conseil de l'OTAN, affaiblissement des positions communes dans les négociations avec les tiers. Merz semble vouloir déplacer la discussion précisément sur ce terrain — des débats moraux sur le Moyen-Orient à la question stratégique de savoir qui gagne des divergences.

Berlin est lui-même sous pression. La société allemande est profondément divisée sur le soutien à Israël, et ce sujet reste sensible dans les négociations de coalition. La position publique de Merz est en quelque sorte aussi un signal interne : la priorité géopolitique de Berlin reste inchangée, et c'est l'Ukraine et la limitation de la Russie.

L'OTAN comme cible, pas seulement comme instrument

Les analystes enregistrent depuis longtemps la stratégie russe de multiplication des crises : plus il y a de fronts ouverts — le Sahel, le Moyen-Orient, le détroit de Taïwan dans la rhétorique — plus il est difficile pour l'Occident de rester concentré. En nommant cela à haute voix, Merz parie que les alliés sont capables de reconnaître la manipulation et de s'y opposer consciemment.

La question qui reste ouverte : les pays de l'OTAN ayant des positions nettement différentes sur le Moyen-Orient — notamment la Turquie, la Hongrie et partiellement les États-Unis — sont-ils prêts à accepter le cadre de Merz et à placer l'unité de l'Alliance au-dessus de leurs propres intérêts régionaux, si ces intérêts contredisent directement la ligne de Berlin ?

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