Lorsque Trump a qualifié la guerre en Ukraine de «pas la nôtre» et a ouvertement remis en question les engagements envers l'OTAN, deux fonctionnaires européens anonymes ont déclaré au Guardian ce qui restait auparavant derrière des portes closes.
«L'Ukraine doute à juste titre que ces garanties de sécurité américaines signifient vraiment quelque chose».
Fonctionnaire européen anonyme, The Guardian
Ce n'est pas de la rhétorique — c'est un diagnostic du problème qui sous-tend tout accord de paix futur.
Du papier sans mécanisme — c'est Budapest-2
En 1994, l'Ukraine a cédé son arsenal nucléaire en échange de « garanties » concernant l'intégrité territoriale. Le mémorandum a été signé par les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Russie — sans aucun mécanisme contraignant d'exécution. Trente ans plus tard, ce précédent est inscrit dans chaque discussion sur de nouvelles garanties.
Les analystes de l'Institut royal des services unifiés (RUSI) ont constaté que les accords de sécurité conclus par l'Ukraine avec 28 États en janvier 2025 — y compris la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne — ont délibérément ne pas été ratifiés par les parlements, pour accélérer la signature. Cela signifie : les gouvernements peuvent s'en retirer sans conséquences législatives.
Ce que proposent les États-Unis — et pourquoi ce n'est pas l'OTAN
En décembre 2025, l'administration Trump a présenté un paquet de garanties « similaires à l'article 5 » de la Charte de l'OTAN. Selon CNN, les fonctionnaires américains l'ont appelé « l'ensemble de protocoles de sécurité le plus puissant qu'ils aient jamais vu » — mais ont immédiatement averti que cette proposition ne restera pas sur la table indéfiniment.
The Economist a caractérisé ces garanties comme « de second ordre » — bien loin d'une adhésion complète à l'OTAN. Steven Wertheim du Carnegie Endowment for International Peace est allé plus loin :
«Les garanties de sécurité américaines risquent de promettre trop pour être crédibles».
Steven Wertheim, Carnegie Endowment for International Peace, décembre 2025
Son argument est concret : la dissuasion dépend de la confiance, et le consensus américain — de Biden à Trump — est que les États-Unis ne combattront pas contre la Russie pour l'Ukraine. Aucun document ne change ce consensus.
Pourquoi un « arbitre neutre » n'est pas une garantie
Les analystes de Carnegie Europe ont noté un changement de principe dans la position de Washington : l'administration Trump se positionne comme un médiateur indépendant, et non comme un allié de l'OTAN. Cela signifie que toute garantie ne provient pas d'un État ayant un intérêt stratégique commun avec l'Ukraine, mais d'une partie qui cherche avant tout à « conclure l'affaire ».
Le ministre des Affaires étrangères polonais Radosław Sikorski l'a formulé différemment : le problème de l'Ukraine n'est pas l'absence de garanties, mais le fait qu'elles ne sont pas respectées. Le Washington Post note qu'à la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'OTAN à Bruxelles en décembre 2025, il n'y avait ni plan ni secrétaire d'État Rubio dans la salle.
- Les États-Unis proposent des garanties sans mécanisme d'exécution contraignant
- Les accords bilatéraux avec 28 pays ne sont pas ratifiés par les parlements
- Trump se distancie publiquement de l'OTAN et de la guerre elle-même
- Le précédent de Budapest : des « garanties » sans obligations n'ont pas fonctionné
Si un accord de paix est signé sans mécanisme d'exécution vérifié — qui réagira et comment à la prochaine violation ? La réponse à cette question déterminera si les nouvelles garanties deviendront un document de dissuasion ou un autre papier pour le musée des échecs diplomatiques.