À la conférence Riga StratCom Dialogue à Riga le 3 juin, la ministre lettone des Affaires étrangères Baiba Braze a énoncé clairement ce que l'on formule encore avec prudence à Bruxelles : les négociations de paix entre la Russie et l'Ukraine sous médiation américaine sont structurellement condamnées à l'échec — tant que le Kremlin ne change pas sa tactique, mais ses objectifs.
Ce que Moscou exige exactement — et pourquoi c'est inacceptable
Braze ne s'est pas limitée à des généralités. Parmi les exigences concrètes de Moscou qu'elle a qualifiées d'inacceptables figurent l'octroi du statut officiel à la langue russe en Ukraine, le statut particulier de l'Église orthodoxe russe et des concessions concernant le Donbas. Séparément — la neutralité de l'Ukraine et la limitation de sa coopération avec l'OTAN, qu'elle a qualifiées d'inacceptables non seulement pour Kyiv, mais pour toute la communauté euro-atlantique.
« Poutine n'a pas changé ses objectifs — soumettre l'Ukraine, la russifier et empêcher son intégration dans la communauté euro-atlantique ».
Baiba Braze, ministre lettone des Affaires étrangères, Riga StratCom Dialogue, 3 juin 2026
Un détail important dans la position de Braze : elle ne rejette pas complètement les négociations comme instrument. Au niveau technique, certains accords sont possibles. Mais au niveau politique — tant que la Russie n'abandonnera pas ses objectifs initiaux — tout résultat sera illusoire.
La force — condition de la sincérité
Braze a également formulé le mécanisme qui pourrait débloquer la situation : non pas la pression diplomatique en elle-même, mais la pression combinée à un avantage militaire.
« Seule la force sur le champ de bataille, associée à la force propre de nos alliés de l'OTAN, contraindra la Russie à être sincère aux négociations et à abandonner ses objectifs politiques ».
Baiba Braze
Cela fait écho à la position du secrétaire général de l'OTAN Marc Rutte, qui ce même jour lors de la réunion du Conseil de l'Atlantique Nord à Kyiv a déclaré qu'il n'y avait aucun signe de disposition de Moscou à s'arrêter, et que la Russie doit être contrainte de revenir à la table — non pas invitée.
Où se situe l'Europe dans ces négociations
Braze a mis un accent particulier sur le rôle de l'UE : l'Europe doit être à la table des négociations quand sa propre sécurité est en jeu. Ce n'est pas une déclaration de solidarité — c'est un rejet du format où les États-Unis conduisent un dialogue avec Moscou, tandis que Bruxelles reçoit le résultat après coup.
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a confirmé le 3 juin : Washington poursuit ses efforts diplomatiques, mais il n'y a aucun progrès substantiel. L'OTAN considère néanmoins que les récentes négociations américaines à Moscou n'ont donné que des résultats limités et que le Kremlin ne réagira qu'à une pression et des sanctions accrues.
C'est-à-dire que trois processus se déroulent simultanément : les États-Unis simulent ou recherche sincèrement une percée diplomatique, l'OTAN augmente la pression, tandis que la Russie, selon l'évaluation de ses alliés, utilise les négociations pour atteindre ce qui n'a pas réussi sur le front.
Si avant la fin de l'été 2026, les États-Unis ne proposent pas un format qui inclut l'Europe comme participant à part entière et non simple observateur — Braze et ses collègues baltes bloqueront très probablement publiquement tout accord signé par-dessus leurs têtes.