Mardi 7 avril, le Conseil de sécurité des Nations unies a rejeté une résolution sur le détroit d'Ormuz : 11 votes pour, deux contre — la Russie et la Chine, l'abstention de la Colombie et du Pakistan. Le veto a bloqué le document, bien qu'avant le vote final, celui-ci ait perdu presque tout son contenu substantiel.
Ce qu'il y avait dans la version originale — et ce qui en est resté
Le projet bahreïni initial faisait référence au Chapitre VII de la Charte des Nations unies et autorisait les États à « utiliser tous les moyens nécessaires » pour assurer le passage par le détroit, y compris réprimer les tentatives de le bloquer. Le texte prévoyait également la volonté du Conseil d'imposer des sanctions.
La Chine avait mis son veto sur cette version, si bien que pendant plusieurs jours de négociations, le texte a été progressivement adouci. La version finale a supprimé l'autorisation du recours à la force, la référence au Chapitre VII et les mécanismes de sanctions — le document se réduisait de facto à un appel à coordonner les efforts de défense pour rétablir la navigation. La Russie et la Chine ont aussi opposé leur veto à celui-ci.
« Personne ne devrait accepter qu'ils tiennent l'économie mondiale en otage. Mais aujourd'hui, la Russie et la Chine l'ont accepté »
Mike Waltz, ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies
Pourquoi Ormuz n'est pas seulement un problème du Moyen-Orient
Le détroit d'Ormuz voit transiter environ 20-25% du commerce maritime mondial de pétrole et autant de gaz naturel liquéfié. Cela représente environ 15 millions de barils de pétrole par jour — un volume qu'il est impossible de rediriger complètement par des oléoducs terrestres : leur capacité maximale n'est que d'environ 3 millions de barils. Le GNL ne peut tout simplement pas transiter par voie terrestre.
La crise a commencé à la fin février 2026 après des frappes conjointes des États-Unis et d'Israël contre l'Iran. Téhéran a réagi en bloquant effectivement le détroit, provoquant une flambée des prix de l'énergie — perceptible aussi en Ukraine : les carburants ont renchéri, les tensions se sont accrues sur le marché du gaz.
Le vote — une heure avant le délai de Trump
Le contexte symbolique du vote : il s'est déroulé quelques heures avant le délai fixé par le président américain Donald Trump — 20 heures, heure de l'Est, après lequel il a menacé de frapper les infrastructures civiles de l'Iran : centrales électriques et ponts. Le même matin, Trump a déclaré qu'il était prêt à détruire « toute la civilisation » du pays si le détroit n'était pas ouvert.
Même si la résolution avait été adoptée, elle aurait difficilement influencé le cours du conflit : le document ne contenait aucun mécanisme contraignant. Mais la signification symbolique du consensus du Conseil de sécurité aurait été différente.
- 11 pays ont soutenu la résolution, notamment les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et Bahreïn
- La Russie et la Chine l'ont bloquée — une deuxième fois après le texte initial
- La Colombie et le Pakistan se sont abstenus
- Parmi les votes pour : Danemark, Grèce, Panama, Liberia, Lettonie, Somalie, RD Congo
Si l'Iran n'ouvre pas le détroit avant les négociations sur l'accord nucléaire — que les États-Unis et Téhéran discuteraient, selon les informations, en parallèle — la question de savoir si le Conseil de sécurité restera un instrument efficace dans les crises énergétiques deviendra purement rhétorique.