Rubio promet une Amérique « plus amicale » à la Russie — tandis que les négociations sont dans l'impasse

Le secrétaire d'État américain s'est adressé au Congrès avec deux thèses incompatibles simultanément : la paix « ne semble pas proche » car Moscou ne cède pas, mais après la guerre, Washington est prêt à améliorer ses relations avec le Kremlin.

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Марко Рубіо та Сергій Лавров (Фото: Fazry Ismail/EPA)

Marco Rubio s'est présenté devant le Comité des affaires étrangères de la Chambre des représentants avec une dose de réalisme diplomatique qui a à la fois alarmé Kyiv et réjoui Moscou. Le secrétaire d'État américain l'a reconnu : les perspectives de paix « ne semblent pas bonnes » — et a immédiatement promis à la Russie des relations « plus amicales » après la fin de la guerre.

Ce que Rubio a exactement dit — et ce qu'il n'a pas dit

La thèse centrale de son intervention : les États-Unis sont obligés de maintenir le dialogue avec un pays qui possède le deuxième plus grand arsenal nucléaire du monde — indépendamment de ce que ce pays fait. Selon Rubio, Washington mène ces conversations « non pas parce qu'il approuve les actions de la Russie, mais parce que c'est une réalité donnée ».

« Je pense que nos relations avec eux deviendront plus amicales et plus faciles à développer après la fin de la guerre en Ukraine. C'est beaucoup mieux d'avoir quelqu'un avec qui parler de l'autre côté que de n'avoir personne ».

Marco Rubio, Comité des affaires étrangères de la Chambre des représentants

Rubio n'a cependant pas précisé ce qui changerait exactement dans le comportement de la Russie pour que ces relations « plus amicales » deviennent possibles — hormis le simple fait d'une cessation des hostilités.

Le même discours où la paix « n'est pas visible »

Parallèlement à la promesse de normalisation, Rubio a formulé la prévision la plus sombre de l'administration concernant les négociations. Selon lui, aucune des parties — et particulièrement la partie russe — n'est prête aux concessions nécessaires pour un accord. Il a qualifié le processus de négociation de « impasse ».

Le secrétaire d'État a également fourni des chiffres illustrant l'impasse : la Russie perd environ 5 000 militaires par semaine tués au combat — et, selon lui, c'est la première fois dans l'histoire militaire moderne que le taux de mortalité dépasse le taux de blessés du côté russe. Parallèlement, l'intensité des frappes contre Kyiv a augmenté précisément parce que l'Ukraine se défend efficacement sur le champ de bataille.

Rubio a directement qualifié l'invasion de « catastrophe stratégique » pour la Russie et a déclaré que Moscou « n'atteindra certainement pas les objectifs qu'elle s'était fixés dès le premier jour » — et peut-être même n'atteindra-t-elle pas ce qu'elle exige à la table des négociations.

Contexte : pourquoi cela a été dit maintenant

L'intervention a eu lieu dans le contexte de deux circonstances importantes. Premièrement, selon le New York Times du 1er juin, Moscou est « fatiguée » des visites des envoyés spéciaux américains Steve Witkoff et Jared Kushner — un signal indiquant que la Russie n'est plus intéressée par le rythme fixé par les États-Unis. Deuxièmement, la pression augmente au Congrès : un certain nombre de républicains accusent ouvertement Trump de « traîner » l'aide à l'Ukraine et se préparent à voter l'expansion des sanctions contre la Russie.

Dans ce contexte, les paroles de Rubio sur les relations « plus amicales » avec la Russie ne sont pas simplement un signal diplomatique au Kremlin. C'est aussi une tentative de retenir les républicains sceptiques d'une escalade de la pression sur l'administration, en montrant que Washington a un horizon stratégique au-delà du conflit.

Les États-Unis « ont choisi un camp » — mais avec des réserves

Il est remarquable que dans le même discours, Rubio ait souligné : les États-Unis continuent à vendre des armes à l'Ukraine par le biais du programme PURL, maintiennent les sanctions contre la Russie et ont « clairement choisi un camp ». Ces paroles s'adressaient clairement au Congrès, et non à Moscou.

  • Les armes à l'Ukraine, les sanctions contre la Russie : l'administration insiste sur le fait que le soutien à Kyiv n'a pas cessé.
  • Mais le « prix » diplomatique de la normalisation des relations que Rubio a proposé à la Russie n'avait apparemment aucune condition préalable visible.
  • Aucun mécanisme de vérification de la manière dont la « fin de la guerre » se transforme en « relations plus amicales » n'a été mentionné dans le discours.

Kyiv et les alliés européens n'ont toujours pas reçu d'explications publiques sur ce que l'administration entend exactement par « fin de la guerre » — le gel de la ligne de front ou le retrait complet des troupes russes. La réponse à cette question déterminera si la promesse de Rubio sera un incitatif pour Moscou à se mettre à table — ou simplement un signal que le temps joue en sa faveur.

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