Trump a quitté le G7 plus tôt — et la rencontre avec Zelensky n'a pas eu lieu. Ce n'est pas une coïncidence.

Le sommet au Canada s'est déroulé sans déclaration commune du G7 concernant l'Ukraine, sans armement américain et sans rencontre bilatérale entre les deux présidents. Trump est parti un jour plus tôt — officiellement en raison du Moyen-Orient.

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Володимир Зеленський і Дональд Трамп під час зустрічі у серпні 2025 року (Фото: AARON SCHWARTZ / EPA)

Le sommet du G7 à Kananaskis au Canada le 17 juin s'est terminé par trois absences à la fois : aucune déclaration commune en soutien à l'Ukraine, aucun engagement américain en matière d'armements et aucune rencontre entre Zelenski et Trump. Chacune d'elles séparément représente un échec diplomatique. Les trois ensemble constituent un signal sur l'état des relations entre Washington et Kyiv.

Comment cela s'est passé

Avant même le début du sommet, un haut responsable anonyme de l'administration Trump a informé l'AFP et The Guardian : aucune réunion bilatérale distincte avec Zelenski n'était prévue au programme. L'explication officielle — Trump et Zelenski se croiseraient lors des sessions de travail du « groupe des sept ». Cependant, dès le 16 juin, Trump a décidé de quitter le Canada plus tôt que prévu — le jour suivant, celui où la rencontre aurait dû avoir lieu. Il est parti, selon Kyiv Post, pour retourner à Washington et gérer l'escalade au Moyen-Orient.

« J'espère qu'ils comprennent »

— Trump, répondant à une question sur son départ du sommet, selon Kyiv Post

Zelenski est arrivé à Kananaskis après le départ de Trump — le 17 juin, le dernier jour. Selon une source du Kyiv Independent sur place, il avait prévu une réunion bilatérale et poussait pour renforcer les sanctions contre la Russie. En revanche, quelques heures plus tard, il a lui-même quitté le sommet prématurément — après une frappe de missile massive de la Russie sur Kyiv la nuit précédente.

Ce qu'un responsable américain a dit sur le front

Ce même représentant anonyme de l'administration américaine, cité par The Guardian, a caractérisé la situation sur la ligne de front comme étant celle où l'avancée russe est « plus ou moins » arrêtée. Cette formulation est remarquable : elle ne signifie ni un cessez-le-feu, ni un tournant — seulement une stabilisation, que le côté américain présente comme un argument contre les livraisons d'armes urgentes.

Le problème est que ce « gel » est avantageux avant tout pour le côté qui contrôle déjà les territoires occupés. L'Ukraine, quant à elle, continue ses frappes systématiques sur la logistique de l'ennemi dans l'est et le sud temporairement occupés, y compris en Crimée — ce qui contredit l'image d'un « front stable » sans actions actives.

Ce que Zelenski a tout de même obtenu

Malgré l'échec du point principal de l'ordre du jour, Zelenski a déclaré tard dans la soirée du 17 juin que le sommet avait donné à l'Ukraine des résultats concrets :

  • de nouveaux tranches d'aide financée par les actifs russes gelés ;
  • des sanctions supplémentaires contre les sources de financement de la guerre russe ;
  • un soutien militaire accru de la part de plusieurs partenaires — sans les États-Unis.

Comme le résume Kyiv Independent, la délégation ukrainienne s'était rendue au Canada « avec un optimisme prudent » — et est revenue avec un résultat partiel sur fond de crise diplomatique. Zelenski a publiquement qualifié la situation ainsi : « crise diplomatique ».

Pourquoi c'est important maintenant

Le G7 sous la présidence du Canada — la dernière grande plateforme du premier semestre où l'Occident aurait pu démontrer son unité sur l'Ukraine avant les cycles de négociations automnaux. Le fait qu'aucune déclaration commune n'ait vu le jour en raison de la résistance américaine signifie : Washington n'est plus un allié automatique dans la formation d'un discours commun du G7 sur la guerre.

Trump n'a cependant pas bloqué toutes les décisions — il est simplement parti. Et il y a sa propre logique diplomatique : l'absence aux négociations ne laisse pas de signature sous les documents indésirables.

Si Trump et Zelenski ne se rencontrent pas avant la fin juillet — en marge de l'OTAN ou séparément — le vide diplomatique entre Washington et Kyiv risque de passer d'une situation temporaire à une situation structurelle.

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