Wadéfoul à Mexico : l'Europe ne signera pas une paix qu'elle n'a pas écrite

Le chef du ministère allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a déclaré que Poutine doit s'asseoir à la table des négociations — mais il a assorti cette condition : les questions de garanties de sécurité et d'adhésion de l'Ukraine à l'UE ne peuvent pas être résolues sans l'Europe.

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Йоганн Вадефуль (Фото: Jalal Morchidi / EPA)

Lorsque Zelenski a publié une lettre ouverte adressée à Poutine proposant des négociations directes, l'Europe diplomatique a répondu par son propre signal. Pas via Kyiv, ni via Washington — via Mexico.

Ce qu'a dit Baerbock et pourquoi

La ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock, en visite au Mexique, s'est adressée à Poutine en l'appelant à engager des négociations. Mais l'essentiel de sa déclaration ne résidait pas dans cet appel — mais dans la condition qu'elle a fixée immédiatement.

« Il s'agit de la sécurité du continent européen, des garanties de sécurité possibles pour l'Ukraine et de son chemin vers l'Union européenne. Ces questions ne peuvent pas être résolues sans les Européens ».

Annalena Baerbock, ministre allemande des Affaires étrangères

C'est une réponse directe au format qui s'est de facto établi auparavant : les négociations entre les États-Unis et la Russie sans la participation de l'UE. Berlin donne à comprendre que tout accord signé par-dessus la tête des Européens ne bénéficiera pas de leur soutien.

Trois thèmes sans lesquels Berlin ne reconnaît pas l'accord

Baerbock a énuméré un ensemble spécifique de questions qui, selon Berlin, ne peuvent être résolues sans Bruxelles et les capitales de l'UE :

  • Garanties de sécurité pour l'Ukraine — auparavant, la ministre a insisté sur le fait qu'elles devraient être « très proches de l'adhésion à l'OTAN » et que toute violation de ces garanties signifierait une attaque contre l'Ukraine ;
  • Le chemin de l'Ukraine vers l'UE — une question qui est juridiquement de la compétence de l'Union, et non d'accords bilatéraux entre Washington et Moscou ;
  • L'architecture de la sécurité du continent — ce qui ne peut être l'objet d'un accord entre deux pays qui ne sont pas membres de l'UE.

Où la déclaration s'écarte du mécanisme

L'appel à « s'asseoir à la table » n'est accompagné d'aucun format concret : ni date, ni lieu, ni liste de participants — Baerbock n'en a mentionné aucun. Auparavant, commentant les consultations genevoises, elle avait décrit comme un « succès décisif » le simple fait que les questions relatives à l'OTAN et à l'Europe soient exclues du projet d'ordre du jour américain — c'est-à-dire qu'elle défendait en fait le droit de participer au processus, plutôt qu'un résultat concret.

Le Kremlin n'a pas réagi à la déclaration de Mexico. Après la publication de la lettre de Zelenski, le porte-parole Dmitri Peskov a seulement noté que Poutine serait informé — et a invité Zelenski à venir « à tout moment à Moscou ».

Contexte : pourquoi Mexico, pourquoi maintenant

Le choix de la plateforme n'est pas fortuit. L'Amérique latine reste une zone où la Russie cherche traditionnellement des médiateurs neutres. La réunion de Baerbock avec son homologue mexicain Roberto Velasco — c'est un signal adressé à cette région : Berlin mène une diplomatie active non seulement à Bruxelles et Washington.

Parallèlement, le Conseil européen a approuvé un crédit de 90 milliards d'euros pour l'Ukraine pour 2026-2027 — un argument financier qui soutient les prétentions de l'UE à avoir une place dans le processus de négociation.

Si les États-Unis et la Russie parviennent néanmoins à s'accorder sur un format de consultations directes — sans place fixe pour l'Europe à la table — Berlin aura-t-il les leviers pour influencer le contenu de l'accord, et non seulement bloquer sa mise en œuvre ?

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