Le président Volodymyr Zelensky a défini l'ordre du jour pour deux des forums internationaux les plus importants des prochaines semaines — le sommet du G7 et le sommet de l'OTAN. Selon ses dires, l'Ukraine ne vient pas avec des demandes abstraites, mais avec des propositions concrètes.
Trois axes de négociation
Le premier concerne l'architecture de la sécurité européenne dans le contexte d'une guerre prolongée. Kyiv insiste sur le fait que toute discussion sur la « stabilité du continent » sans engagements clairs envers l'Ukraine est une conversation dans le vide.
Le deuxième concerne les soi-disant Drone Deals : les accords bilatéraux de coproduction et de fourniture de drones. Zelensky promeut un modèle où les partenaires ne se contentent pas de fournir du matériel, mais localisent la production — en partie sur le territoire ukrainien ou voisin.
Le troisième axe reste pour l'instant le moins médiatisé : Zelensky a annoncé « d'autres thèmes » sans les détailler. Selon les précédents cycles de négociations, il s'agit des actifs russes gelés et des conditions d'un éventuel cessez-le-feu.
Pourquoi maintenant
Les deux sommets se déroulent à un moment où l'aide militaire occidentale a de nouveau ralenti — non pas faute de décisions, mais faute de rythme d'exécution. Les Drone Deals, dans ce contexte, constituent une tentative de contourner le cycle bureaucratique : au lieu d'attendre l'approbation des budgets, créer un lien industriel direct.
Le risque pour Zelensky est évident : les sommets produisent des communiqués, pas des armes. Si les Drone Deals restent des accords-cadres sans calendriers de livraison ni mécanismes de vérification — c'est la répétition d'un scénario déjà connu avec des paquets d'aide annoncés bruyamment, mais exécutés silencieusement et lentement.
L'ampleur des enjeux
Selon les analystes du Kiel Institute, le rythme de nouveaux engagements des pays du G7 envers l'Ukraine au premier trimestre 2025 a chuté à son niveau le plus bas depuis le début de l'invasion à grande échelle. Dans ce contexte, l'initiative sur les drones n'est pas simplement de la logistique militaire, mais un test pour savoir si les alliés sont capables de passer des déclarations à la coopération industrielle pendant la phase active de la guerre.
Si les Drone Deals obtiennent des délais concrets et un mécanisme public de responsabilité — cela change la logique de l'aide. Sinon — en quoi ce format diffère-t-il des « paquets » précédents, dont peu se souviennent déjà ?