Échec en 72 heures : comment la FIFA a tenté de vendre le football et a rapidement changé d'avis

Le plan d'Infantino pour attirer 4,2 milliards de dollars d'investisseurs privés n'a duré moins d'une semaine — de la présentation à la capitulation sous la pression de l'UEFA, à la démission d'un conseiller et à la révolte au sein de son propre bureau.

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Parfois, le chiffre le plus éloquent n'est pas le montant d'un accord, mais la rapidité de son effondrement. Mardi, la FIFA a présenté un plan pour vendre une part des droits du Mondial et du Mondial des clubs, évaluant l'ensemble du paquet à 20 milliards de dollars. Vendredi soir, le président Gianni Infantino avait déjà publié une déclaration selon laquelle « cette proposition ne sera pas mise en œuvre ». Trois jours — et le projet d'un milliard de dollars était mort.

L'argent qui était censé acheter le silence

Le mécanisme était simple : la nouvelle structure commerciale FIFA Forward Enterprise recevait une part dans les tournois en échange de capital privé. En retour, chacune des 211 fédérations nationales reçevrait immédiatement 20 millions de dollars en espèces au début de 2027, et le financement annuel augmenterait de 8 à 20 millions par cycle 2027-2030. En essence, la FIFA proposait d'échanger une partie du contrôle de ses propres tournois contre des paiements rapides à ceux qui accordaient ce contrôle — les associations nationales.

Le calcul était que la promesse d'argent frais prévaudrait sur les préoccupations concernant la perte de contrôle. Ce calcul s'est avéré fatal : l'argent n'a pas prévalu.

Qui a dit « non » et pourquoi

L'UEFA a réagi de la manière la plus dure — par une déclaration selon laquelle aucune équipe européenne ne jouerait aux tournois de la FIFA tant que la proposition resterait valide. Ce n'est plus un désaccord diplomatique, mais une menace directe de boycott des événements les plus massifs de la planète. L'UEFA a été rejointe par la confédération asiatique AFC et la confédération nord-américaine CONCACAF — c'est-à-dire que trois des six confédérations continentales se sont opposées à la proposition presque immédiatement.

Un mauvais accord pour les associations membres de la FIFA, un mauvais accord pour le football et un mauvais accord pour l'avenir à long terme du jeu.

Ce sont les paroles non pas d'un critique extérieur, mais de Carlos Cordeiro — conseiller principal d'Infantino lui-même, qui a démissionné précisément à cause de ce plan. Quand une personne de l'intérieur de l'équipe censée vendre l'idée s'oppose à celle-ci, les chances de survie deviennent pratiquement nulles.

Ce qui s'est vraiment cassé

L'explication officielle d'Infantino semble prudente : le projet « a créé des divergences » qui ne correspondent pas à l'objectif initial d'unifier le football. Mais derrière cette formule se cache un fait plus simple — la direction de la FIFA a sous-estimé à quel point les fédérations nationales et les confédérations ressentiront douloureusement toute mention d'une participation privée aux tournois, qui sont considérés comme un bien commun du jeu, et non comme un actif à vendre.

La question maintenant n'est pas si la FIFA reviendra à l'idée de monétisation — la pression financière n'a disparu nulle part, et 4,2 milliards de dollars restent une somme alléchante. La question est de savoir si Infantino peut proposer un schéma qui ne suscite pas la menace d'un boycott de la part du continent qui génère le plus d'argent et le plus de spectateurs.

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