48 000 hryvnias — c'est à peu près le coût d'un smartphone moyen. C'est à cette somme que le Lupynis-10-TFL-1-T est évalué sur la plateforme de marché Brave1 Market. Pour cet argent, le sous-unité reçoit un drone FPV nocturne doté d'une caméra thermique et d'un guidage autonome, capable de fonctionner à une distance de 30 km même sous une guerre électronique active.
De la startup au registre d'État
L'entreprise kyivienne The Fourth Law, fondée en 2023 par Yaroslav Azhnyuk — précédemment connu comme cofondateur de Petcube — a obtenu la codification de l'OTAN pour le drone Lupynis-10-TFL-1-T et le module d'autonomie TFL-1. La codification a ouvert l'accès aux plateformes d'État DOT-Chain et Brave1 Market, où les unités militaires achètent de l'équipement en utilisant des E-points.
« La codification du drone autonome a pris beaucoup plus de temps que pour les FPV ordinaires, car le système d'approbation est beaucoup plus strict »
Yaroslav Azhnyuk, PDG de The Fourth Law
Ce n'est pas simplement une étape bureaucratique : la codification signifie que l'État a confirmé les normes du produit et peut l'acheter à grande échelle.
Ce que l'autonomie résout réellement
Le problème clé des drones FPV modernes — ce n'est pas la portée ni l'explosif, mais la guerre électronique : l'adversaire brouille le signal de commande, et le pilote perd le contrôle. Le Lupynis-10 résout ce problème grâce au module TFL-1 : après la capture de la cible, le drone la maintient de façon autonome à l'aide d'algorithmes de vision par machine, sans nécessiter de communication avec l'opérateur lors du segment final de l'attaque.
La caméra thermique « Kurbas-640α » fabriquée par l'entreprise ukrainienne Odd Systems permet de fonctionner la nuit et dans des conditions enfumées. Il est remarquable que les deux entreprises — The Fourth Law et Odd Systems — soient toutes deux dirigées par le même Azhnyuk, ce qui signifie que toute la chaîne critique des composants reste dans le périmètre d'une seule entité ukrainienne.
Des chiffres difficiles à ignorer
- +10 % du coût par rapport à un FPV standard — c'est exactement ce que le module d'autonomie TFL-1 ajoute
- ×2–4 d'efficacité des frappes — une augmentation documentée du succès des missions selon les données de l'entreprise
- 30 km — la portée de travail, qui place le Lupynis-10 au-delà de la classe FPV « tactique » classique
- 50+ unités des Forces armées ukrainiennes utilisent déjà la technologie TFL-1 au combat
Un investisseur du Nasdaq et la logique de la montée en puissance
Début 2025, The Fourth Law a levé des investissements stratégiques auprès de la société américaine Axon — fabricant de TASER avec une capitalisation boursière d'environ 34 milliards de dollars. Le montant n'a pas été divulgué, mais les fonds sont destinés au développement de l'autonomie pour l'interception de drones de type « Shahed » et à la protection des infrastructures critiques. Pour Axon, c'est déjà la deuxième incursion publique dans les technologies de défense ukrainiennes en quelques semaines.
La logique de l'investisseur est claire : l'Ukraine est le seul théâtre de combats actifs où les drones autonomes sont testés dans des conditions réelles de guerre électronique massive. Ce sont des données impossibles à obtenir sur un polygone.
Si l'efficacité du TFL-1 est véritablement confirmée au niveau ×2–4 dans les épisodes de combat documentés, la question n'est pas de savoir si l'armée augmentera ses achats — mais plutôt si la production parviendra à suivre les besoins du front avant l'hiver.