Dacia a transféré la production de son véhicule électrique Spring de Chine en Slovénie pour obtenir des subventions en France

La voiture électrique la moins chère d'Europe ne sera plus fabriquée en Chine : Dacia transfère la Spring en Slovénie pour permettre aux acheteurs de bénéficier des subventions gouvernementales, tandis que le véhicule lui-même pourra éviter les tarifs douaniers de l'UE.

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Dacia Spring (Фото: Latest Automotive News)

Une famille française à revenus intermédiaires souhaitant acheter sa première voiture électrique fait face à un obstacle simple : l'État subventionne l'achat, mais pas pour les voitures fabriquées en Chine. C'est pourquoi Dacia — la marque économique de Renault — transfère la production de son break électrique Spring de l'usine slovène de Novo Mesto, plutôt que de la Chine, comme elle l'a fait auparavant.

Pourquoi l'ancien Spring ne se vendait pas, malgré son prix bas

Depuis 2021, Dacia a vendu 210 000 voitures électriques Spring, mais n'a pas pu profiter du boom récent de la demande de véhicules électriques en France — son plus grand marché. La raison ne tient pas au véhicule lui-même, mais à l'endroit où il a été fabriqué : le programme de subventions français pour les acheteurs à bas revenus ne s'étend pas aux voitures électriques de fabrication chinoise. La voiture électrique la moins chère du continent s'est retrouvée écartée juste au moment où la demande pour ces véhicules a commencé à augmenter considérablement.

« À partir d'avril, nous observons une croissance significative de la part des véhicules électriques dans tous les segments. La demande a clairement augmenté considérablement... et cela nous freine, car nous n'avons actuellement qu'un seul modèle électrique », a déclaré Frank Marotty, vice-président de Dacia en charge des ventes et des opérations.

Ce que change le déménagement vers l'usine de Novo Mesto

Le nouveau Spring sera fabriqué sur la même plateforme que la Renault Twingo et un modèle apparenté de Nissan, à l'usine Renault de Novo Mesto en Slovénie. L'automobile est devenue 18 cm plus longue que son prédécesseur, a reçu un design plus rugueux — conçu pour un plus large éventail d'acheteurs — et un prix de départ de 17 900 euros. Le point clé : il sera désormais couvert par les subventions françaises et le véhicule ne sera pas soumis aux tarifs douaniers de l'UE sur les voitures électriques en provenance de Chine.

Pour l'acheteur, cela représente une différence de plusieurs milliers d'euros en coût réel — c'est le montant que la subvention plus les tarifs évités peuvent représenter. Pour Dacia, c'est une chance de revenir en jeu sur un marché où la part française des véhicules électriques dans les nouvelles immatriculations a atteint des records de 35 % et 38 % en juillet et août respectivement, stimulée notamment par l'augmentation des prix du carburant due à la guerre avec l'Iran. Dans le même temps, les ventes de Dacia elle-même en France au cours de ces mois ont chuté, et le Spring se classait au 55e rang des voitures les plus vendues du pays à la fin août — derrière la Tesla Model Y, la Renault 5 et la Twingo.

L'industrie européenne face aux prix chinois

Cette décision de Dacia n'est pas un cas isolé, mais fait partie d'un affrontement plus large. Dans toute l'Europe, les fabricants font face à une demande plus faible, des coûts de production élevés, une transition plus lente vers les véhicules électriques, la concurrence des marques chinoises et des barrières commerciales de la part des États-Unis. Lors de la première quinzaine de juin, Stellantis, Volkswagen et Renault se sont associés pour plaider en faveur d'une simplification des règles et des incitations pour les produits portant le label « Made in Europe » et pour s'opposer aux fabricants chinois de véhicules électriques. Le transfert de la Spring en Slovénie est un exemple pratique de la façon dont cette pression de lobbying se traduit en décisions de production concrètes.

Dacia a longtemps misé sur les automobiles à moteurs à combustion interne pour maintenir son statut de l'une des marques les plus accessibles d'Europe, mais lance désormais davantage de véhicules hybrides et prévoit de mettre quatre véhicules électriques sur le marché d'ici 2030. Le nouveau Spring, disponible en quatre couleurs et deux niveaux de finition, en sera le premier. La livraison commencera au début de 2027.

Ce qu'il faut surveiller

  • Le 1er septembre 2025, Renault a nommé Catherine Adt, ancienne vice-présidente de Mercedes-Benz, directrice générale de Dacia.
  • Le 9 décembre 2025, Ford et Renault ont annoncé un partenariat stratégique en Europe pour la fabrication de voitures électriques abordables.
  • En 2025, les ventes de Renault ont augmenté de 3,2 % — à 2,34 millions de voitures, malgré la baisse des ventes de fourgonnettes en Europe.

Si la production transférée permet réellement au Spring d'obtenir les subventions et d'éviter les tarifs douaniers, la proposition de valeur de la marque pour l'acheteur français au budget limité deviendra considérablement meilleure dès le lancement des ventes en 2027. La question est de savoir si Dacia réussira à augmenter la production dans une seule usine slovène plus rapidement que ses concurrents chinois ne trouveront un moyen de contourner les tarifs de l'UE par le biais d'un assemblage local.

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