Le 24 avril, la première ministre Iulia Svyrydenko a annoncé l'adoption d'un ensemble de décisions gouvernementales visant à déréglementer le secteur de la construction. Selon ses dires, cela répond à la principale demande des entreprises — moins de bureaucratie et des règles plus claires. Mais si on examine les détails, la situation est plus complexe.
Ce qui a été réellement adopté
Le premier changement concerne le choix de l'organisme pour l'obtention de services administratifs. Auparavant, le maître d'ouvrage était attaché à une institution spécifique.
« Nous introduisons un mécanisme expérimental — le maître d'ouvrage pourra choisir où obtenir les services administratifs, auprès de l'autorité locale (DABK) ou de DIAM. L'objectif est de créer une alternative dans le système et d'accélérer l'obtention de documents ».
— Iulia Svyrydenko, première ministre
Le deuxième changement concerne le mécanisme de contestation des refus de délivrance des conditions d'urbanisme et restrictions. Selon Svyrydenko, actuellement, même un refus formel ou infondé peut immobiliser un projet pendant des mois. Le gouvernement tente de combler cette lacune au niveau des décrets.
Où se situe la limite entre réforme et mandat
La partie la plus systémique du paquet — l'établissement de délais clairs pour contester les décisions de construction — n'existe pour l'instant que comme mandat adressé au Ministère du développement et au Ministère de la justice pour préparer le projet de loi correspondant. En d'autres termes, la norme clé n'a pas été adoptée : elle doit encore être rédigée, soumise au Conseil et votée.
C'est un détail important : le gouvernement peut édicter des décrets concernant ses propres procédures, mais il ne peut pas modifier les délais de contestation sans loi. Par conséquent, une partie du « paquet » est en fait un plan pour l'avenir, et non un instrument opérationnel.
Le contexte à garder à l'esprit
La concurrence elle-même entre DABK et DIAM n'est pas une idée nouvelle. Les analystes ont précédemment attiré l'attention sur le fait que : lorsque la corruption est intégrée au système numérique, changer le nom de l'organisme ne l'élimine pas — cela déplace simplement le point de pression. Comme l'ont noté les experts dans les publications spécialisées, la réforme précédente créant DIAM a amélioré les conditions principalement pour les grandes entreprises (objets de classe СС2 et СС3 — environ 10 % de tous les chantiers), alors que pour les petites entreprises et les promoteurs privés (90 % des objets de classe СС1), la situation s'est aggravée.
- Expérience de sélection de l'organisme — décret du Cabinet des ministres, en vigueur dès maintenant
- Mécanisme de contestation des refus de délivrance des conditions d'urbanisme — aussi un décret
- Délais clairs pour contester les décisions — seulement un mandat de développer un projet de loi
Svyrydenko a souligné que ces décisions font partie d'une « réforme intégrée de l'urbanisme », et que la prochaine étape devrait être justement les modifications législatives. Autrement dit, le gouvernement lui-même reconnaît que sans la Rada suprême, la réforme reste inachevée.
Et ensuite ?
Le vrai test pour ce paquet ne sera pas la date d'adoption des décrets, mais la rapidité d'enregistrement du projet de loi au Conseil et la question de savoir si des délais spécifiques y figureront avec une responsabilité des fonctionnaires en cas de non-respect — et non simplement des normes recommandées. Si le projet de loi arrive au parlement sans sanctions pour les retards, la dérégulation risque de rester un simple déplacement de queue d'une guichet à l'autre.