New York a mis la frénésie de l'IA en pause : qui paiera pour l'électricité — les Big Tech ou les consommateurs ordinaires

La gouverneure Katie Hochul a signé le premier moratoire d'État aux États-Unis sur la construction de mégacentres de données — et a déjà énoncé une condition pour sa levée : les entreprises technologiques doivent payer elles-mêmes pour les infrastructures.

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Губернаторка штату Нью-Йорк Кеті Гокул (фото - EPA)

Le 14 juillet, la gouverneure de New York, Kathy Hochul, a signé un décret qui suspend pour un an la délivrance des permis environnementaux pour la construction de nouveaux centres de données d'une capacité supérieure à 50 MW. New York est devenue le premier État du pays à prendre une telle décision — bien que des moratoires similaires aient été proposés dans au moins une douzaine d'autres États et n'aient jamais abouti.

Pourquoi maintenant et pourquoi ce n'est pas simplement une question d'environnement

Selon une étude de Bloom Energy, la consommation énergétique combinée des centres de données aux États-Unis entre 2025 et 2028 devrait presque doubler — passant de 80 à 150 gigawatts. C'est comme ajouter au réseau un pays ayant l'appétit énergétique de l'Espagne en trois ans. À New York, l'échelle est encore plus précise : selon les calculs des législateurs de l'État, les centres de données déjà proposés à la construction consommeraient ensemble presque deux fois plus d'électricité que tous les ménages de l'État réunis.

Le problème ne se limite pas aux mégawatts. Les factures d'électricité pour les Américains dans leur ensemble augmentent deux fois plus vite que l'inflation — et les centres de données en sont l'une des causes. Le mécanisme est simple : les nouvelles infrastructures — sous-stations, lignes de transmission, générateurs de secours — sont financées par les tarifs, c'est-à-dire répercutées sur tous les consommateurs, et non pas seulement sur les entreprises qui construisent les serveurs.

« Si un centre de données ferme finalement ou consomme moins d'électricité que prévu, le client recevra la facture, pas le centre de données lui-même »

Lincoln Institute of Land Policy

Ce que Hochul propose à la place

Le moratoire n'est pas une interdiction permanente. Hochul a énoncé publiquement la condition de sa levée : selon la gouverneure, elle envisage d'obliger les centres de données à l'échelle géante à contribuer à un fonds spécial de soutien au réseau électrique de l'État. De plus, le décret prévoit :

  • la construction uniquement où les communautés locales l'approuvent elles-mêmes — sans exceptions au zonage ;
  • des normes concernant la consommation d'eau, les émissions et l'efficacité énergétique, que les régulateurs doivent développer au cours de l'année ;
  • l'abolition des subventions fiscales pour les centres de données ;
  • des exigences en matière de salaires et d'embauche locale dans les projets qui reçoivent un permis.

Opposition et coût réel de la pause

Les critiques sont venues de deux côtés. Bruce Blakeman, républicain et rival de Hochul aux élections gouvernorales, estime que les décisions doivent être prises par les autorités locales, et non par l'État. L'association de l'industrie Data Center Coalition a averti que des centaines de milliards de dollars d'investissements, d'emplois et de revenus fiscaux iraient désormais vers d'autres États. Comme l'a noté Dan Diorio, vice-président de l'association, le moratoire « garantit que ces investissements iront ailleurs, mais pas à New York ».

Il est intéressant de noter que le corps législatif de l'État a adopté son propre projet de loi avec un moratoire similaire il y a un mois — mais Hochul a refusé de le signer, le qualifiant de « compliqué » et nécessitant des révisions. À la place, elle a opté pour un décret, qui a immédiatement pris effet et lui donne plus de contrôle sur les paramètres de la nouvelle réglementation.

À titre de comparaison : le Maine a rejeté un moratoire similaire cette année — notamment parce qu'il aurait bloqué un centre de données dans une petite ville qui n'a pas encore surmonté la fermeture de son usine locale.

Un précédent qui se reproduit

En 2026, les législateurs de plus de 30 États ont déjà présenté diverses propositions restrictives concernant les centres de données. New York est le premier à passer de la parole au document signé. Cela en fait un terrain d'essai : si au cours de l'année, les régulateurs établissent effectivement un mécanisme où Big Tech finance le réseau, et non les consommateurs — le schéma pourrait devenir un modèle pour les autres. Si ce n'est pas le cas — le moratoire ne sera qu'une simple barrière aux investissements sans résultat systémique.

La question clé des douze prochains mois : Microsoft, Google et Amazon accepteront-ils les nouvelles conditions à New York — ou vont-ils simplement déplacer le prochain campus au Texas ou en Virginie, où il n'y a pas de moratoires ?

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