La loi existe, mais la capitale n'a pas d'adresse : le Japon adopte un cadre sans localisation

Le Parlement japonais a inscrit dans la loi l'idée d'une capitale de secours en cas de catastrophe à Tokyo, mais aucune ville spécifique n'a été désignée. Osaka a les plus grandes chances, car elle avait négocié cette loi comme prix de sa participation à la coalition gouvernementale.

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Замок в Осаці на тлі хмарочосів (фото – Вікіпедія, автор – 663highland)

Le 24 juillet, le parlement japonais a adopté une loi sur une deuxième capitale — un centre de contrôle de secours du pays en cas de désastre naturel majeur ou d'attaque terroriste à Tokyo. La loi prévoit le transfert des fonctions gouvernementales, l'ouverture de bureaux des institutions d'État et des mesures fiscales incitatives pour les entreprises qui s'y relocalisent. Cependant, aucune ville n'est nommée dans le document.

L'accord de coalition comme coup d'envoi

L'idée d'une capitale de secours n'est pas nouvelle et n'est pas purement technocratique. Selon Japan Times, le chef du parti Nippon Ishin no Kai, Hirofumi Yoshimura, avait déjà fixé à l'automne 2025 la reconnaissance d'Osaka comme deuxième capitale comme condition obligatoire de l'entrée en coalition avec le PLD au pouvoir. Lorsque Sanae Takaichi a pris la tête du PLD et est devenue la première femme Premier ministre, l'accord a été inscrit dans l'accord de coalition.

Autrement dit, derrière la loi se cache un marchandage concret : Ishin fournit les votes au parlement — le PLD soutient le projet que Osaka lobbyfie depuis des décennies.

Pourquoi Osaka — et pourquoi ce n'est pas évident

Osaka n'est pas la deuxième ville du Japon par population. Ce titre appartient à Yokohama, qui est situé très près de Tokyo. Mais c'est justement Osaka qui, selon l'analyse du Centre on Constitutional Change, « grâce à son mouvement politique, serait le bénéficiaire typique de tout plan de deuxième capitale ».

La ville a déjà accueilli l'Expo 2025, le gouvernement régional coordonne la politique depuis des années avec la préfecture dans le cadre d'une « fusion virtuelle » — malgré un plan de restructuration en districts spéciaux rejeté deux fois par référendum. Osaka construit une université, met en place des organes communs d'urbanisme, développe des stratégies industrielles unifiées. La loi sur la deuxième capitale est l'étape suivante dans cette même logique de décentralisation.

Le risque que la loi ne couvre pas

L'opposition au parlement a critiqué le projet de loi précisément sur ce point : il est rédigé pour un parti spécifique, et non pour une menace spécifique. La loi ne désigne pas la ville, ne fixe pas de délais, ne précise pas le mécanisme de financement du déménagement des structures d'État.

« La législation a fait l'objet de critiques sévères de la part de l'opposition, qui affirmait qu'elle était taillée sur mesure pour Osaka et le parti Ishin ».

Japan Today, 24 juillet 2025

Pourtant, l'argument sismique est tout à fait réel. Tokyo est situé à l'intersection de quatre plaques tectoniques. La fosse de Nankai — source potentielle d'un mégaséisme de magnitude 9+, qui pourrait frapper toute la côte du Pacifique du Japon, y compris Osaka. Autrement dit, « capitale de secours » et « capitale sismiquement sûre » ne sont pas une seule et même chose.

Le maglev et 2 trillions de dollars en arrière-plan

Parallèlement, le Japon a relancé le projet congelé de la ligne maglev entre Tokyo et Osaka — un « mégarégion » d'une valeur de 2,04 trillions de dollars. Si les deux projets se réalisent, Osaka obtiendra à la fois le statut et une artère de transport. Si ce n'est pas le cas, la loi restera un document cadre sans contenu.

La loi a été adoptée. Mais une véritable deuxième capitale n'émergera que lorsque le gouvernement nommera la ville, allouera un budget et commencera à déplacer physiquement les institutions — aucune de ces étapes n'a encore été entreprise. La question n'est pas de savoir si Osaka deviendra la deuxième capitale, mais si la coalition suivante aura la volonté politique de passer d'une loi cadre à des adresses et des devis concrets — particulièrement si Ishin ne lui appartient plus.

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