À l'automne 2025, il semblait que le pire était derrière nous : l'inflation ralentissait depuis huit mois consécutifs, passant de son pic de 15,9 % en mai à 8 % en décembre. Mais en janvier, le mouvement s'est arrêté, en février — il s'est inversé, et mars a enregistré 7,9 % en rythme annuel et +1,7 % en un seul mois.
Ce qui a augmenté et pourquoi ce n'est pas une coïncidence
L'Office des statistiques distingue trois grands responsables du renchérissement de mars : le carburant, l'habillement et les chaussures, les transports. Chacune de ces positions a une explication structurelle. Le carburant réagit à l'augmentation annuelle des taxes d'accise — c'est une augmentation prévue, non pas conjoncturelle. L'habillement et les chaussures se renchérissent traditionnellement avec le début de la nouvelle saison. Les transports sont une conséquence du prix du carburant et des décisions tarifaires des autorités locales.
L'inflation de base — un indicateur qui filtre les chocs saisonniers et administratifs — a également accéléré : 7,1 % d'une année sur l'autre et 1,5 % pour le mois. Cela signifie que la pression sur les prix ne s'explique pas uniquement par le calendrier ou les décisions des fonctionnaires — elle est intégrée dans la structure des coûts des entreprises.
« L'accélération de l'inflation était largement due aux effets résiduels des récoltes plus faibles de l'année précédente et à la nouvelle augmentation des prix des produits soumis aux accises... ainsi qu'à la demande des consommateurs persistante ».
Commentaire de la NBU sur l'inflation en mars 2025
La NBU savait — et a averti à l'avance
Dans son rapport d'inflation de janvier 2026, la Banque nationale directement intégré dans ses prévisions une hypothèse technique concernant l'augmentation des prix de l'électricité pour les consommateurs domestiques et la correction progressive des tarifs des services communautaires, qui bénéficient actuellement d'un moratoire. Un autre facteur pro-inflationniste — l'augmentation annuelle prévue des taxes d'accise sur le carburant, qui, par ses répercussions sur les coûts, exerçera une pression sur les prix des biens et des services de transport.
Le taux directeur de la NBU reste à 15 %. Le régulateur a signalé : une réduction n'est possible que si l'inflation ralentit jusqu'à se rapprocher de la trajectoire prévue et en l'absence de changements importants négatifs dans la répartition des risques. Pour le moment, ni la première ni la deuxième condition n'est satisfaite.
Les chiffres qui donnent du contexte
- 15,9 % — pic d'inflation annuelle, mai 2025
- 8,0 % — décembre 2025, le point le plus bas après le pic
- 7,6 % → 7,9 % — février-mars 2026 : deux mois d'accélération consécutifs
- 6,6 % — prévision minimale de la NBU pour l'inflation en 2026 (prévision mise à jour, révisée à la hausse par rapport aux 5 % précédents)
Il est révélateur que la NBU ait déjà abandonné l'objectif de retour à la cible de 5 % en 2026 — la nouvelle limite inférieure des prévisions s'établit à 6,6 %. Ce n'est pas une correction technique : c'est une reconnaissance que les facteurs structurels — l'énergie, les accises, les coûts salariaux — ne disparaîtront pas avec la fin des hostilités.
Si le moratoire sur l'augmentation des tarifs des services communautaires est levé dès 2026, et si les taxes d'accise sur le carburant augmentent comme prévu — la NBU pourra-t-elle maintenir l'inflation en dessous de 10 % sans une nouvelle augmentation du taux directeur ?