97 milliards de dollars et un nouvel organe : Mádár soumet au parlement une loi sur le retour des actifs de l'ère Orbán

Le 10 juillet, le gouvernement hongrois a officiellement présenté un projet de loi sur l'Office national de récupération et de protection des actifs — première mesure institutionnelle destinée à recouvrer les fonds qui, selon l'organisme anticorruption, se sont accumulés dans les poches privées au cours des 16 années de gouvernance d'Orbán.

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Петер Мадяр (Фото: EPA / NECATI SAVAS)

Après 16 ans au pouvoir, Viktor Orbán a laissé à son successeur non seulement un budget déséquilibré. Selon Peter Madjár, la corruption et les abus de fonds publics coûtaient aux Hongrois entre 8 et 10 % du PIB chaque année. Le 10 juillet, le gouvernement a franchi la première étape formelle de remboursement : un projet de loi sur l'Autorité nationale de récupération et de protection des actifs a été soumis au parlement — c'est la promesse clé de Madjár, qu'il a qualifiée de partie de l'« Opération Purgatoire ».

Ce que prétend le gouvernement : 30 billions de forints

Le gouvernement hongrois utilise le chiffre de 30 billions de forints — environ 97,1 milliards de dollars — comme « l'estimation la plus prudente » des fonds détournés. Ferenc Bíró, chef de l'Office hongrois d'intégrité, a cité un chiffre encore plus élevé : selon son évaluation, les pertes totales dues à la corruption pourraient dépasser 160 milliards d'euros. Bíró a constaté que la corruption dans le secteur public a atteint un pic au cours de la dernière année du règne d'Orbán : les agences gouvernementales ont augmenté leur contrôle sur les fonds publics de 50 %. « Ils voyaient que l'époque prenait fin et voulaient faire passer chaque dernier centime », cite le Financial Times Bíró.

Orbán a rejeté les accusations de corruption.

Comment fonctionnera le nouvel organisme

L'Autorité sera dirigée par un président et quatre vice-présidents, dont trois doivent être des procureurs — les nominations devront être approuvées par le parlement. Le mandat de l'organe est de « révéler les abus passés et de prévenir les violations futures ».

Parmi les objectifs prioritaires figurent la vérification des accords immobiliers suspects, des contrats de concession et un audit rétroactif de tous les marchés publics d'une valeur supérieure à 32 millions de dollars.

« La vulnérabilité des actifs publics n'est pas seulement un risque financier, mais aussi un risque démocratique ».

— extrait du texte du projet de loi publié sur le site du parlement hongrois

Le même jour, la Hongrie a officiellement adhéré au Parquet européen (EPPO), qui enquête sur les crimes contre le budget de l'UE — Orbán bloquait cette décision depuis des années. Le Conseil de l'UE a également approuvé le plan de relance de la Hongrie, ouvrant la voie à environ 10 milliards d'euros de financement gelé.

Les sceptiques : l'argent existe, mais le mécanisme de récupération n'existe pas encore

La question n'est pas de savoir s'il y a eu des abus, mais si l'argent peut réellement être récupéré. Le parti hongrois Fidesz a critiqué le projet de loi, affirmant que le nouvel organe pourrait affecter des citoyens ordinaires. Les observateurs indépendants constatent un problème plus large : les actifs détournés par des mécanismes offshore, des concessions et des tiers liés, sont légalement difficiles à attribuer à l'État.

Les économistes Levente Nagy-Pál, László Vértessy et József Katona de la Free Market Foundation avertissent : les fonds récupérés ne peuvent pas être utilisés pour couvrir le déficit budgétaire — au lieu de cela, ils proposent un fonds souverain d'investissement selon le modèle norvégien. La logique est simple : une injection ponctuelle dans le budget « est dépensée » en un an, tandis qu'un fonds génère des revenus pendant des décennies.

  • Date de lancement : Madjár a promis le plein fonctionnement de l'organe d'ici la fin de 2025.
  • Contrôle des nominations : le président et les vice-présidents — par le parlement, où Tisza dispose d'une majorité constitutionnelle.
  • Outil parallèle : le Parquet européen obtient juridiction sur les crimes contre le budget de l'UE indépendamment du nouvel organe.

Le vrai test de l'Autorité ne viendra pas au moment du dépôt du projet de loi, mais lorsqu'elle tentera pour la première fois de recouvrer un actif auprès d'un oligarque spécifique par voie judiciaire — et si Fidesz conteste cette décision à la Cour constitutionnelle, où siègent toujours des juges nommés sous Orbán.

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