196 navires en 47 jours : comment l'Ukraine transforme la flotte fantôme de la Russie en « fantômes à la dérive »

Les attaques contre les pétroliers et les navires polyvalents ne constituent pas une victoire maritime pour la victoire elle-même. C'est une attaque contre un maillon spécifique : sans les petits pétroliers « nourriciers », un grand navire-citerne ne peut tout simplement pas être chargé.

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Нафтовий танкер (Ілюстративне фото: Depositphoto)

Le 22 juillet, le président Zelenski a confirmé de nouvelles frappes contre un pétrolier et quatre vraquiers russes dans les mers Noire et d'Azov. Mais derrière le chiffre d'une seule journée se cache un tableau plus systémique.

Ce qui se passe réellement

Le commandant des Forces de systèmes sans pilote Robert « Madyar » Brovdi a publié le bilan total : depuis le 6 juillet, 196 navires russes ont été endommagés. Ce nombre comprend des pétroliers, des vraquiers, des remorqueurs et des grues flottantes.

« Objectif : paralyser irrémédiablement la logistique du pétrole, du carburant, des cargaisons contournant les sanctions. Transformer chaque navire automoteur en barge à la dérive, aveugle et sourde ».

Robert « Madyar » Brovdi, commandant des Forces de systèmes sans pilote

Un détail important : les navires ne sont pas coulés. Ils sont mis hors service — sans nappes de pétrole, mais aussi sans capacité de navigation.

Pourquoi un « petit » pétrolier est plus important qu'un gros

Comme l'a expliqué Brovdi lui-même, la cible principale est la soi-disant flotte de collecte : des pétroliers à fond plat d'un port en lourd d'environ 7 000 tonnes, qui circulent par le canal Volga-Don et la mer d'Azov. Ce sont eux qui livrent le pétrole des « points de chargement » portuaires russes aux grands pétroliers océaniques. Sans ce « dernier kilomètre » critique, la chaîne d'exportation se rompt, quel que soit le nombre de navires géants stationnés en Méditerranée.

Selon les estimations, chacun de ces pétroliers transporte environ 7 000 tonnes de carburant — l'équivalent d'environ 200 citernes ferroviaires. La mise hors service de dizaines de tels navires par semaine prive les groupes d'occupation de centaines de milliers de tonnes de carburant.

Ampleur de la campagne

  • La nuit du 8 juillet — 9 pétroliers en une seule sortie en mer d'Azov.
  • En 12 jours jusqu'au 17 juillet — 159 navires au total.
  • Au 22 juillet, le bilan est passé à 196.

En chiffres : c'est un rythme de plus de quatre navires par jour pendant près de sept semaines d'affilée.

La dimension des sanctions

La flotte parallèle existe précisément parce qu'elle contourne les restrictions du G7 et de l'UE en matière d'assurance et de transbordement du pétrole russe. Comme l'a noté le SBU après la destruction du pétrolier Avero, il « était utilisé pour le transport de matières premières russes dans les conditions d'embargo pétrolier ». Chaque navire mis hors service est un de moins dans le schéma que Moscou a construire année après année depuis 2022.

Le porte-parole de la Marine ukrainienne Dmytro Pleteentchouk a précisé l'objectif en peu de mots : destruction de la logistique militaire et sape du potentiel économique. Pas une démonstration de force — un résultat fonctionnel.

Et après ?

La Russie dispose d'une réserve physique de flotte : remplacer 196 navires simultanément est impossible, mais en détourner une partie par d'autres itinéraires est réaliste. La question qui déterminera l'effet de cette campagne est : l'Ukraine parviendra-t-elle à maintenir ce rythme de frappes plus longtemps qu'il ne faudra à la Russie pour réorienter sa logistique pétrolière vers le chemin de fer et les routes terrestres ?

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