32 pays, 0,25 % du PIB et sabotage ouvert : comment l'OTAN divise la responsabilité envers l'Ukraine

Rutte a publiquement désigné un groupe de « bons élèves » — distinguant ainsi le reste. La France et la Grande-Bretagne ont déjà bloqué la proposition de rendre cette norme obligatoire.

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Генеральний секретар НАТО Марк Рютте у Швеції, 21 травня 2026 року (Фото: НАТО)

Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, s'est rendu en Suède et a dit tout haut ce dont on parle habituellement à Bruxelles à huis clos : l'aide à l'Ukraine au sein de l'Alliance est distribuée de manière inégale, et une part importante des 32 États membres en dépense insuffisamment.

Selon lui, il existe un cercle limité de pays qui « dépassent leurs capacités » — la Suède, le Canada, l'Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark, la Norvège et les États d'Europe du Nord et de la Baltique. Les données confirment cela par des chiffres concrets : la Lituanie dépense 1,8 % du PIB, la Lettonie — 1,53 %, la Suède — 0,92 %, les Pays-Bas — 0,78 %. Pour comparaison — la France alloue 0,18 % du PIB, l'Italie — 0,12 %.

Une proposition déjà enterrée

Fin avril, lors d'une réunion à huis clos des ambassadeurs des pays de l'Alliance, Rutte a proposé de fixer une norme : chaque pays de l'OTAN consacre annuellement 0,25 % de son PIB au soutien de l'Ukraine. Selon Politico, citant des sources au sein de l'Alliance, l'idée n'a pas émergé d'elle-même — il s'agit d'une reformulation d'une proposition que Zelensky avait déjà avancée l'année dernière.

Les mathématiques semblent convaincantes : le PIB cumulé des 32 pays de l'OTAN s'élève à environ 57,2 billions de dollars, donc 0,25 % — cela représente 143 milliards de dollars par an. L'année dernière, l'Ukraine a reçu des membres de l'Alliance une aide militaire d'environ 45 milliards de dollars. La différence — un triplement.

« La proposition de Rutte a suscité le rejet de la France et de la Grande-Bretagne »

Politico, citant des sources diplomatiques à l'OTAN

Selon l'évaluation des diplomates, dans sa forme actuelle, l'initiative n'a pratiquement aucune chance d'être adoptée lors du sommet de juillet à Ankara. La France et la Grande-Bretagne — toutes deux puissances nucléaires ayant droit de veto sur les décisions consensuelles — s'opposent à une norme obligatoire.

Pourquoi « 0,25 % » n'est pas qu'un simple chiffre

Actuellement, les contributions des pays sont volontaires et imprévisibles. L'Ukraine ne peut pas planifier des achats d'armements sur 2-3 ans car elle ne sait pas combien sera fourni le trimestre suivant. Une norme obligatoire résoudrait précisément ce problème — la stabilité et la prévisibilité du flux, et pas seulement son volume.

  • Meilleurs élèves (plus de 0,25 % du PIB) : Lituanie, Lettonie, Estonie, Finlande, Suède, Pologne, Pays-Bas, Danemark, Norvège, Canada
  • Moyens (environ à la norme) : Allemagne, la plupart des pays d'Europe centrale
  • Retardataires (considérablement au-dessous de 0,25 %) : France (0,18 %), Italie (0,12 %), Turquie (0,01 %)

Rutte n'a pas nommé les « retardataires » explicitement — mais en énumérant les « meilleurs élèves », il l'a fait effectivement. La pression publique via les médias lors d'une visite officielle en Suède n'est pas une franchise accidentelle, mais une façon de négocier.

Si la France et la Grande-Bretagne bloquent la norme à Ankara, la question reviendra au point de départ : les « meilleurs élèves » sont-ils prêts à continuer à compenser l'inactivité d'autrui — ou commenceront-ils à exprimer ouvertement leur mécontentement au sein même de l'Alliance.

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